Marketing digital
Publicité Snapchat : à qui cela sert, et à qui cela ne sert pas
Cet article est un filtre plutôt qu’une offre. Pour la plupart des entreprises algériennes, la réponse honnête ici est non.
Les cinq articles précédents de cette série expliquent comment employer une plateforme. Celui-ci sert d’abord à décider s’il faut y aller, parce que dans la majorité des cas la réponse est non et que personne n’a intérêt à vous le dire.
Ce n’est pas un jugement sur la plateforme. C’est une conséquence de deux choses : son public est concentré sur une tranche d’âge étroite, et son fonctionnement est privé — l’essentiel de ce qui s’y passe se passe entre amis, hors de portée d’une entreprise.
Il existe pourtant une poignée de métiers pour lesquels c’est la meilleure dépense du pilier, et un format qui n’a d’équivalent nulle part ailleurs dans cette série : le seul où ce sont vos clients qui distribuent votre publicité, gratuitement, parce qu’ils la trouvent amusante.
Nous allons donc procéder dans l’ordre inverse de l’habitude : d’abord ce que les chiffres permettent de dire et ce qu’ils ne permettent pas, ensuite à qui cela sert, ensuite à qui cela ne sert pas, et seulement après comment s’en servir.
Ce que les chiffres datés disent, et ce qu’ils ne disent pas
Commençons par ce que nous savons de source datée, parce que la suite dépend de ce que nous ne savons pas.
Selon les données publiées par DataReportal pour l’Algérie, Facebook compte 25,6 millions d’utilisateurs, TikTok 21,1 millions et Instagram 12 millions.
Regardez ce que ce tableau ne contient pas : cette plateforme-ci. Nous ne disposons pour elle d’aucune série datée, publique et vérifiable sur l’Algérie, et c’est exactement pour cela que nous n’avançons aucun chiffre la concernant.
Cette absence est une information et non un oubli. Elle signifie que toute décision d’y aller doit se prendre sur des raisons qualitatives — qui sont vos clients, quel âge ils ont, ce que vous vendez — plutôt que sur une taille d’audience que personne ne peut vous citer honnêtement.
Méfiez-vous en conséquence de tout prestataire qui vous annonce un nombre d’utilisateurs algériens pour cette plateforme. Demandez-lui la source et la date : dans les cas que nous avons vérifiés, il s’agissait d’estimations régionales, de projections, ou de chiffres repris sans date depuis un support commercial.
DataReportal, Digital 2026 Algeria — relevés d’octobre 2025
À qui cela sert réellement
Une liste courte, et elle est courte pour une raison : le public de cette plateforme est jeune, urbain et il y vient pour parler à ses amis plutôt que pour découvrir des commerces.
Cela fonctionne pour ce qui s’achète vite, se montre, et s’achète par des gens de moins de vingt-cinq ans. Vêtement de rue, chaussures de sport, accessoires de téléphone, cosmétique d’entrée de gamme, restauration rapide, jeux vidéo et matériel qui va avec.
Cela fonctionne aussi pour ce qui est lié à un lieu très fréquenté par cette tranche d’âge : un fast-food en face d’une université, une salle de sport dans un quartier étudiant, une auto-école, une librairie universitaire, un salon de coiffure près d’un campus.
Et cela fonctionne pour un troisième cas, moins évident : les événements. Un concert, un tournoi, un salon, une ouverture. La logique de l’événement — un jour, un lieu, des gens qui se photographient sur place — correspond exactement à ce que la plateforme fait le mieux.
Si votre activité figure dans ces trois familles, la suite de cet article vous concerne. Sinon, la section suivante vous fera gagner un trimestre et un budget.
À qui cela ne sert pas, et il faut le dire clairement
Si vos clients ont plus de trente ans, cette plateforme n’est pas pour vous. Ce n’est pas une nuance de ciblage, c’est une question de présence : les gens que vous cherchez n’y ouvrent pas l’application.
Si vous vendez à des entreprises, c’est non également. Aucun acheteur professionnel n’y consulte des fournisseurs, et il n’existe aucun mécanisme sur cette plateforme qui rende cela possible.
Si votre produit demande une décision longue — un bien immobilier, une assurance, un équipement industriel, une formation coûteuse, des travaux — c’est non aussi. Le registre y est éphémère et rapide, et ce registre est incompatible avec une réflexion qui prend trois semaines.
Si votre budget publicitaire mensuel est modeste et déjà employé ailleurs, c’est encore non, et pour la raison développée plus loin : la vraie dépense n’est pas l’argent mais l’attention de la personne qui s’en occupe chez vous.
Nous refusons de vendre cette plateforme dans ces quatre cas, et nous le disons avant le devis. C’est la ligne la plus facile à ajouter à une proposition — « et nous couvrirons aussi Snapchat » — et c’est celle qui produit le plus de dépense sans résultat que nous ayons rencontrée.
Le mécanisme : une plateforme privée, pas une plateforme publique
Les cinq autres plateformes de cette série sont publiques : ce qui est publié est visible, mesurable, partageable, et une entreprise peut s’y insérer. Ici, l’essentiel de l’activité se déroule dans des conversations fermées entre amis.
La conséquence est structurelle. Vous n’entrez pas dans ces conversations ; vous pouvez seulement fournir quelque chose que quelqu’un choisira d’y apporter. C’est une position très différente de celle d’un annonceur qui interrompt un fil.
Cela explique pourquoi la découverte y fonctionne mal et pourquoi la recommandation y fonctionne bien. Une personne qui envoie votre offre à trois amis vaut ici plus que mille affichages, parce que c’est le mouvement naturel de la plateforme plutôt qu’une exception.
Cela explique aussi pourquoi la mesure y est la plus faible du pilier : ce qui se passe dans une conversation fermée ne remonte dans aucun rapport, chez personne, y compris chez la plateforme.
La façon juste d’y penser n’est donc pas « un canal d’acquisition » mais « un canal de bouche-à-oreille équipé ». Si le bouche-à-oreille est déjà ce qui vous amène des clients, vous êtes au bon endroit. Sinon, vous demandez à cette plateforme quelque chose qu’elle ne fait pas.
Le filtre géolocalisé : le seul format où le client distribue à votre place
Il existe ici un format qui n’a aucun équivalent dans les cinq articles précédents, et c’est la seule raison technique pour laquelle cette plateforme mérite un article plutôt qu’un paragraphe.
Vous pouvez faire fabriquer une décoration d’image — un cadre, un dessin, le nom d’un lieu — attachée à une zone géographique précise et à une période. Les gens qui se trouvent dans cette zone la trouvent disponible, l’appliquent à leurs propres photos, et l’envoient à leurs amis.
Ce qui se produit alors est inhabituel : votre marque circule dans des conversations privées, apportée par des gens qui l’ont choisie, à un coût qui ne dépend pas du nombre de personnes atteintes. Vous payez la zone et la durée, pas la diffusion.
Les cas où cela fonctionne le mieux sont ceux où les gens se photographient déjà : un mariage, une ouverture, un concert, un stade, un campus le jour de la rentrée, un salon professionnel, une plage en été. Le format accompagne un comportement existant plutôt que d’en créer un.
Le piège est de le concevoir comme une publicité. Un cadre qui affiche un logo et un slogan n’est pas appliqué ; un cadre qui fait rire, qui nomme le quartier ou qui date la soirée l’est. Vous achetez le droit d’être porté par quelqu’un, ce qui suppose de lui être utile.
Le registre : plus informel que tout le reste de cette série
L’article sur TikTok explique que la valeur de production y est un signal négatif. Ici, cette règle est plus stricte encore, parce que le contexte n’est pas un divertissement public mais une conversation entre amis.
Une image nette, cadrée, éclairée et retouchée y paraît étrangère. Ce qui s’y intègre est ce qui ressemble à ce que les gens s’envoient : une photo prise à l’instant, un texte écrit à la main par-dessus, une vidéo de dix secondes filmée sans préparation.
Cela a une conséquence pratique sur qui fabrique le contenu. Ce n’est pas un travail d’agence : c’est un travail de quelqu’un de vingt ans qui utilise la plateforme tous les jours et qui connaît des codes qui changent tous les trois mois.
Si vous avez cette personne dans votre équipe, cette plateforme est peut-être votre meilleure dépense. Si vous ne l’avez pas, la faire imiter par quelqu’un qui n’y est pas produit un résultat immédiatement reconnaissable, et le mot pour cela est gênant.
C’est la seule plateforme de cette série où nous recommandons régulièrement de ne pas nous confier la production. Un employé qui y publie mal mais naturellement fera mieux qu’une agence qui y publie bien mais depuis l’extérieur.
La cinquième plateforme coûte plus cher que la quatrième
Voici la dépense qui n’apparaît sur aucun devis et qui décide pourtant de la réponse pour la plupart des lecteurs de cet article.
Chaque plateforme ajoutée demande une chose que l’argent n’achète pas : l’attention d’une personne chez vous qui répond, publie, lit les commentaires et connaît les codes. L’article de pilier appelle cela le goulot, et il ne s’élargit pas quand on ajoute un canal.
La quatrième plateforme divise donc cette attention par quatre, et la cinquième par cinq. Si les messages de la première attendent déjà plus d’une heure, ajouter celle-ci ne produira pas de clients supplémentaires : elle produira une file d’attente supplémentaire.
La règle que nous appliquons est arithmétique et impopulaire : n’ajoutez une plateforme que si la précédente est tenue — messages traités dans l’heure, publications régulières, commentaires lus. Sinon vous n’élargissez pas votre présence, vous répartissez le même retard.
Il y a une exception, et c’est le format décrit deux sections plus haut : un filtre géolocalisé sur un événement demande une préparation et zéro suivi quotidien. C’est la seule chose de cette plateforme qu’une entreprise débordée peut faire correctement.
La mesure y est la plus faible du pilier
Sur les autres plateformes, l’attribution est imparfaite. Ici, elle est structurellement absente pour la partie qui compte, puisque l’essentiel du parcours se déroule dans des conversations que rien n’observe.
Le mot convenu, présenté comme une habitude utile dans l’article sur Instagram, devient ici la seule méthode. Une offre annoncée sur cette plateforme porte un code qu’on ne trouve nulle part ailleurs, et vous notez ce code à la main quand il arrive au comptoir.
Sans cela, vous ne saurez rien. Ni combien de personnes sont venues, ni si la dépense a servi, ni s’il faut recommencer. Et l’absence de mesure, sur un canal difficile à juger, se termine toujours de la même façon : on continue par habitude ou on arrête sur une impression.
Deux autres signaux sont lisibles et gratuits. Le nombre d’utilisations d’un filtre, qui vous dit si votre décoration méritait d’être portée. Et les captures d’écran de votre offre qui vous reviennent par un autre canal, qui indiquent qu’elle a circulé.
Nous ne citerons ici aucun coût par utilisation, par vue ou par client pour l’Algérie. Nous n’en connaissons aucune série datée, et cette section serait le meilleur endroit pour en inventer une — ce qui est précisément la raison de ne pas le faire.
Rien de ce que vous produisez ici ne persiste
Sur cette plateforme, presque rien de ce que vous fabriquez ne reste. Les publications disparaissent, les conversations aussi, et un compte laissé sans activité pendant trois mois n’est pas un compte endormi mais un compte qui n’existe plus dans les faits.
Cela distingue radicalement ce canal des autres du pilier. Un compte publicitaire accumule un historique qui fait baisser vos coûts ; une liste d’adresses se transmet ; un article publié répond pendant trois ans. Ici, rien de tout cela.
Cela veut dire qu’il n’y a ici aucun actif à accumuler, contrairement à un historique de compte publicitaire ou à une liste d’adresses. Vous n’y construisez rien qui se revende ou se transmette, ce qui est un argument de plus pour n’y aller que si le mécanisme vous convient réellement.
La seule chose que vous pouvez emporter est une liste : les personnes qui ont écrit, ce qu’elles ont demandé, et un numéro. Reportez-la ailleurs, dans un fichier qui vous appartient, comme le recommande l’article sur la publicité Facebook.
Une habitude pratique en découle : ce qui a bien fonctionné, photographiez-le au moment où cela fonctionne. Vous ne pourrez pas le retrouver plus tard, et une capture d’écran est ici la seule archive possible de votre propre travail.
Les comptes, et une sortie propre
Les règles de propriété énoncées dans l’article sur la publicité Facebook s’appliquent ici sans changement : compte publicitaire et compte de la marque au nom de l’entreprise, avec une adresse électronique de l’entreprise, quel que soit l’arrangement de paiement.
L’arrangement de paiement ne change pas le titulaire. C’est une distinction que l’on néglige partout et qui se paie au moment de la séparation, quand le compte reste chez celui qui a réglé la facture plutôt que chez celui qui a construit l’audience.
Il y a ici un risque particulier, et il découle directement de ce que nous avons recommandé plus haut. Si la production est confiée à un employé jeune qui connaît le registre, c’est souvent son compte personnel qui sert, et il part avec lui le jour où il quitte l’entreprise.
La parade est simple et se met en place en dix minutes : le compte est créé au nom de l’entreprise dès le premier jour, la personne qui publie y est ajoutée comme gestionnaire, et un deuxième accès reste chez la direction. Demandez cet accès avant la première publication, pas après.
Et si vous arrêtez, arrêtez proprement : retirez le compte des liens de votre site plutôt que de le laisser pointer vers une page morte. Un profil abandonné visible depuis votre site fait plus de tort qu’une absence de profil.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
La première question est celle de cet article, et elle se pose au prestataire avant de se poser à vous : pourquoi cette plateforme pour mon métier ? Une réponse qui commence par « il faut être partout » est une réponse à ne pas payer.
La deuxième porte sur l’âge de vos clients, et elle se vérifie chez vous en une journée : regardez les dix dernières ventes et demandez-vous l’âge des acheteurs. Ce chiffre-là décide, et il ne coûte rien.
La troisième porte sur la production : qui écrit et publie, et cette personne utilise-t-elle la plateforme à titre personnel ? Si la réponse est non, demandez comment le registre sera obtenu, et écoutez la réponse jusqu’au bout.
La quatrième porte sur la mesure : quel code convenu sera employé, et qui le notera au comptoir. Sans réponse concrète à cette question, la campagne sera injugeable et vous le saurez seulement dans trois mois.
La cinquième est le test habituel : ce que le prestataire refuserait de faire. Sur cette page, la bonne réponse est « je refuserais si vos clients ont plus de trente ans », et elle supprime la ligne qu’il venait de proposer.
Ce que nous faisons, et ce que nous refuserons de faire
Ce que nous refuserons : vendre cette plateforme à une entreprise dont les clients ont plus de trente ans, qui vend à d’autres entreprises, ou dont le produit demande une décision longue. Ces trois refus couvrent la majorité des demandes que nous recevons pour ce canal.
Nous refuserons aussi d’ajouter cette plateforme tant que la précédente n’est pas tenue. Si vos messages attendent plus d’une heure ailleurs, une présence de plus ne produit pas de clients : elle produit une file d’attente de plus, et nous la facturerions.
Nous refuserons de citer un nombre d’utilisateurs algériens pour cette plateforme, parce que nous n’en connaissons aucun qui soit daté et vérifiable, et de produire du contenu depuis l’extérieur quand personne chez vous ne connaît le registre — le résultat se reconnaît immédiatement.
Ce que nous faisons, quand les conditions sont réunies : un filtre géolocalisé pensé pour être porté plutôt que pour informer, calé sur un lieu et une date où les gens se photographient déjà ; un code convenu noté au comptoir ; les comptes à votre nom ; et une liste de contacts recopiée ailleurs, parce qu’ici rien ne persiste.
Et ce que vous devriez faire sans nous cette semaine : prenez vos dix dernières ventes et écrivez l’âge approximatif de chaque acheteur. Si la moitié a plus de trente ans, vous venez d’économiser un trimestre de dépense, et cet article a fait son travail.
Questions fréquentes
Combien d’Algériens utilisent cette plateforme ?
Nous ne le citons pas : aucune série datée, publique et vérifiable ne l’établit, contrairement à Facebook, TikTok et Instagram. Si un prestataire vous annonce un nombre, demandez la source et la date — ce sont généralement des estimations régionales ou des projections.
Comment savoir si notre entreprise a sa place ici ?
Prenez vos dix dernières ventes et notez l’âge approximatif des acheteurs. Au-delà de trente ans en majorité, la réponse est non. Il faut aussi que le produit s’achète vite et se montre : vêtement, chaussure, accessoire, restauration rapide, événement.
Qu’est-ce qu’un filtre géolocalisé et pourquoi est-il particulier ?
Une décoration d’image attachée à un lieu et à une période, que les gens présents appliquent à leurs propres photos et envoient à leurs amis. C’est le seul format de cette série où vos clients distribuent votre publicité, et vous payez la zone plutôt que la diffusion.
Faut-il confier la production à une agence ?
Souvent non, et c’est la seule plateforme de cette série où nous le disons. Le registre est celui d’une conversation entre amis ; un employé qui l’utilise tous les jours produira mieux qu’une agence qui l’imite depuis l’extérieur.
Peut-on ajouter cette plateforme à nos quatre autres ?
Seulement si les précédentes sont tenues : messages traités dans l’heure, publications régulières, commentaires lus. La vraie dépense n’est pas l’argent mais l’attention d’une personne chez vous, et une plateforme de plus la divise d’autant.
Comment mesurer les résultats ?
Par un code convenu, annoncé uniquement ici et noté à la main quand il arrive au comptoir. L’essentiel du parcours se passe dans des conversations fermées que rien n’observe, donc sans ce code vous ne saurez rien du tout.
Où nous intervenons
Deux colonnes — l’âge de vos dix derniers acheteurs, et si l’achat se décide en dix minutes — suffisent à trancher. Dans la plupart des cas elles répondent non.
- Nous lisons vos deux colonnes et nous vous disons non quand c’est non.
- Nous indiquons où le même budget produit davantage, avec le chiffre attendu.
- Nous ne concevons un filtre géolocalisé que si les deux colonnes le permettent.
Si vos acheteurs ont passé trente ans ou si vous vendez à des entreprises, cette plateforme n’est pas la vôtre et aucun essai ne changera cela.
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