Marketing digital
Publicité, réseaux, contenu, réputation, conversion : cinq dépenses qui ne font pas le même travail
Cinq services très différents se vendent sous un seul nom. La dépense la plus utile est presque toujours la plus petite facture.
Un dirigeant qui décide de « faire du marketing digital » reçoit cinq propositions qui portent le même nom sur un devis et ne font pas le même travail : de la publicité, une présence sur les réseaux, du contenu, de la gestion de réputation, de l’optimisation de la conversion.
Elles n’agissent pas au même endroit, elles ne se paient pas de la même façon, et elles ne se jugent pas sur la même durée. Pourtant elles arrivent dans la même conversation, présentées comme des niveaux d’ambition d’une seule chose.
C’est la première cause d’argent perdu que nous rencontrons, et elle n’a rien de technique. Une campagne ratée est presque toujours une bonne campagne menée sur l’étage qui ne fuyait pas : de la publicité versée dans une entreprise qui ne répond pas à ses messages.
Cet article ne vous dira pas laquelle choisir — cela dépend de vos chiffres — mais il vous donnera la question qui tranche, l’ordre qui fonctionne, et les choses que nous refusons de vendre même quand on nous les demande.
Les cinq choses qu’on vend sous le nom de « marketing digital »
La publicité achète de l’attention. Vous payez, elle arrive ; vous cessez de payer, elle s’arrête le jour même. Ce n’est pas un défaut, c’est exactement ce que vous avez acheté, et la confusion sur ce point produit plus de déceptions que n’importe quelle erreur de ciblage.
La présence sur les réseaux est autre chose : c’est occuper un endroit où l’on vous cherche déjà. Une page à jour, des horaires justes, des messages auxquels on répond. Cela ne va chercher personne, mais cela retient les gens que le reste vous envoie.
Le contenu répond à une question posée avant qu’on vous connaisse. Il coûte cher au début, ne rapporte presque rien pendant des mois, puis continue de répondre sans que vous payiez à nouveau. C’est le seul des cinq qui s’accumule.
La réputation n’est pas produite par vous. Elle est écrite par vos clients, sous vos publications et sous celles de vos concurrents, et elle existe que vous la regardiez ou non. Ce que vous pouvez faire n’est pas de l’écrire mais de la lire, puis d’y répondre pour le lecteur suivant.
La conversion, enfin, n’amène personne. Elle change ce qui arrive aux gens déjà là : la page qu’ils lisent, le délai de réponse, le nombre de champs à remplir. C’est la moins vendue des cinq parce que c’est la moins facturable, et c’est presque toujours la première à faire.
La question qui tranche : à quel endroit vous perdez
Une seule question sépare correctement ces cinq dépenses, et elle ne porte ni sur la mode ni sur le budget : à quel endroit précis perdez-vous aujourd’hui ?
Il n’y a que quatre endroits possibles, et cela se vérifie : entre le premier contact et la deuxième vente, il n’existe que quatre passages où quelqu’un peut disparaître. Personne n’arrive. Des gens arrivent et repartent sans rien demander. Des gens demandent et n’achètent pas. Des gens achètent une fois et ne reviennent jamais.
Chacun désigne une dépense différente, et une seule. Le premier appelle la publicité ou le contenu ; le deuxième, la page et ce qu’elle promet ; le troisième, le délai de réponse et ce qui se passe après le message ; le quatrième, la relation, qui ne s’achète pas en publicité.
L’argent mis sur un étage qui ne fuit pas ne produit rien, et il produit même une impression trompeuse de mouvement : plus de visites, autant de ventes, et une conclusion fausse sur la qualité de la campagne.
La bonne nouvelle est que la réponse n’est pas une affaire d’avis. Vos propres chiffres la contiennent déjà — nombre de visites, de messages reçus, de devis envoyés, de ventes conclues — et il faut une heure pour les aligner sur une feuille.
L’ordre qui fonctionne commence par la plus petite facture
L’ordre qui fonctionne commence presque toujours par la dépense la moins rémunératrice pour nous, et c’est la raison pour laquelle il est rarement proposé. Ce n’est pas une accusation de malhonnêteté : un prestataire propose ce qu’il sait faire et ce qu’il peut facturer, et l’optimisation de la conversion tient parfois en trois décisions qui ne remplissent pas un contrat annuel.
Prenez une entreprise qui reçoit quarante messages par mois et en conclut trois. Doubler la publicité coûte le double et donne six ventes, dans le meilleur des cas et à condition que rien d’autre ne se dégrade en chemin.
Répondre à ces mêmes quarante messages dans l’heure, avec un prix et une disponibilité, en donne souvent dix. Le budget est nul, le travail est réel, et il porte sur des gens qui vous avaient déjà écrit.
Ce calcul se refait avec vos chiffres en dix minutes, et il donne presque toujours le même résultat : le premier gain est en aval, pas en amont. La publicité devient rentable après, quand ce qu’elle alimente fonctionne.
Un prestataire qui commence par la publicité commence par la plus grosse ligne de son devis. Cela ne veut pas dire qu’il a tort — parfois la perte est bien en haut — mais cela veut dire qu’il faut lui demander pourquoi, et écouter la réponse.
La publicité loue l’attention, le contenu l’achète
Les cinq dépenses n’ont pas la même horloge, et les juger toutes sur la même est l’erreur la plus courante après l’erreur d’étage.
La publicité se juge en jours. Elle donne un résultat immédiat, mesurable, et entièrement loué : le jour où vous arrêtez, vous êtes revenu à zéro, et cette remise à zéro n’est pas un échec de la campagne.
Le contenu se juge en mois, et il ne donne presque rien pendant les premiers. Puis une page écrite une fois répond pendant trois ans à une question que vous receviez au téléphone, et son coût ne recommence pas.
La conversion se juge en semaines et une seule fois : un formulaire raccourci reste raccourci, un délai de réponse tenu devient une habitude. C’est la seule des cinq dont l’effet ne se paie pas deux fois.
La règle qui en découle est ennuyeuse : ne restez pas plus d’un an avec la publicité comme seule source d’arrivées. Son prix n’est pas fixé par vous mais par les autres enchérisseurs, et une entreprise qui n’a que ce canal ne décide plus de son coût d’acquisition.
Sur quel écran votre annonce est jugée
Il y a une contrainte matérielle que les plans média mentionnent rarement, et elle se mesure. Elle ne porte pas sur le choix du réseau, sur lequel tout le monde a un avis, mais sur les conditions physiques dans lesquelles ce que vous payez sera regardé.
L’observatoire du marché de l’internet de l’ARPCE recense pour le deuxième trimestre 2025 quelque 59,10 millions d’abonnements internet en Algérie, dont 88,71 % de mobiles et 11,29 % de fixes.
La lecture habituelle est budgétaire : « mettons le budget sur le mobile ». Ce n’est pas la conséquence intéressante, parce que tout le monde la tire déjà. La conséquence intéressante porte sur ce que vous montrez.
Votre annonce est jugée à bout de bras, sans le son, dans une file d’attente, entre deux messages, par un pouce qui bouge. Elle dispose de deux secondes et d’un cadre plus petit qu’une carte de visite.
Le test est gratuit : regardez votre dernière annonce sur votre propre téléphone, son coupé, à distance normale. Si vous ne savez pas en deux secondes ce qu’elle vend et à qui, aucun budget média ne réparera cela — il paiera seulement pour que plus de gens ne le sachent pas non plus.
- Abonnements mobiles88.71%
- Abonnements fixes11.29%
ARPCE, observatoire du marché de l’internet, 2e trimestre 2025
Où est votre audience, et pourquoi les chiffres de plateformes ne sont pas ici
Vient ensuite la question de la plateforme, et c’est celle qui produit le plus de conversations inutiles. Elle se pose presque toujours à l’envers, sous la forme « faut-il être sur ce réseau », alors que la seule chose à savoir est si vos acheteurs y sont, et en quelle proportion.
Nous ne mettons pas ici les nombres d’utilisateurs par réseau. Ils existent, ils sont datés, et nous les citons dans l’article consacré au budget publicitaire — mais placés dans un article de décision, ils invitent la seule lecture qui soit fausse : que le plus grand réseau est le bon.
Une plateforme qui compte des millions d’utilisateurs peut ne contenir presque aucun de vos acheteurs. Si vous vendez des pompes industrielles, l’audience nationale la plus large vous coûtera cher pour rien, pendant qu’une liste de deux cents adresses vous rapportera.
La question utile n’est pas « où sont les gens » mais « où me cherche-t-on déjà ». Ce sont deux endroits différents, et le second est plus petit, moins flatteur et beaucoup moins cher.
Elle a une réponse gratuite : demandez à vos dix derniers clients où ils vous ont vu. Dix réponses concrètes valent mieux qu’un classement national, et elles arrivent en une journée.
La réputation n’est pas construite, elle est déjà écrite
La réputation est la seule des cinq dépenses qui existe avant que vous en ayez décidé. Elle est déjà écrite, sous une fiche que vous n’avez peut-être jamais réclamée et sous les publications de vos concurrents.
Le premier travail n’est donc pas de répondre mais de lire. Relevez ce qui revient : le retard, le prix annoncé puis modifié, le téléphone qui ne répond pas. Trois plaintes répétées décrivent un problème d’organisation, pas un problème d’image.
La réponse qui fonctionne n’est pas adressée à la personne qui se plaint. Elle est adressée au lecteur suivant, celui qui hésite, et elle contient un fait vérifiable plutôt qu’une formule de politesse.
Ce qui ne s’achète pas : la suppression. Un avis véridique ne s’efface pas, et les tentatives laissent une trace plus lourde que l’avis lui-même — la capture d’écran circule, la demande de retrait devient l’histoire, et vous répondez désormais à un reproche plus grave que le premier.
Nous refusons d’acheter des avis, et pas seulement par principe : la régularité de leur rythme et de leur vocabulaire est lisible, et le jour où elle est vue, un problème de réputation réparable devient un problème permanent.
Le marché dans lequel vous dépensez est en train de bouger
Une dernière chose déplace la décision, et elle est extérieure à vous : le marché dans lequel vous dépensez n’est pas celui d’il y a deux ans.
Sur un an, le nombre de commerçants en ligne a progressé de 26 %, les transactions par carte sur internet de 38 %, et le montant payé en ligne de 179 %, quand le parc de cartes n’augmentait que de 9 %.
La lecture utile est dans l’écart entre le dernier chiffre et les trois autres : les cartes existaient déjà, ce qui change est l’usage. Le public que vous touchez peut désormais conclure sans se déplacer, ce qu’il ne faisait pas aussi facilement il y a deux ans.
Cela déplace l’étage de la perte. Une campagne qui ramenait des visites sans ventes en 2023 parce que rien ne permettait de conclure n’a pas le même diagnostic aujourd’hui, et la relancer à l’identique n’est pas absurde.
Cela veut dire aussi qu’une campagne jugée contre vos chiffres d’avant est jugée contre un autre marché. Reprenez la mesure maintenant, sur un mois, avant de conclure quoi que ce soit sur un canal que vous avez abandonné.
GIE Monétique, bilan de l’année 2025
Ce qui se mesure, et les trois chiffres qu’on vous montre à la place
Trois chiffres vous seront montrés dans presque tout rapport : impressions, portée, abonnés. Aucun des trois ne dit si vous avez vendu. Ils occupent pourtant la première page, en grand, souvent accompagnés d’une flèche vers le haut qui compare le mois au mois précédent plutôt qu’à quoi que ce soit d’utile.
Ils ne sont pas faux, ils sont en amont : ils décrivent le travail du prestataire plutôt que le vôtre. Une portée qui double avec un nombre de messages constant est une information, et l’information est mauvaise.
Trois autres chiffres suffisent. Le nombre de messages ou d’appels reçus. La part de ces messages traités dans l’heure. Le nombre de ventes conclues et, pour chacune, l’origine — demandée au client, pas déduite.
La question qui remet un rapport à sa place tient en cinq mots : combien de ventes, et lesquelles. Un prestataire qui ne peut pas y répondre mesure son activité et non votre résultat.
Nous ne citerons pas de coût par prospect pour l’Algérie : nous n’en connaissons aucune série datée et vérifiable. Les repères étrangers servent à comprendre une forme — quels secteurs coûtent plus cher que d’autres — jamais un montant, et l’article sur le budget dit de quel marché ils viennent.
Ce que vous ne devez pas louer : les comptes
Il y a une partie de cette dépense que vous pouvez perdre entièrement, et elle ne figure sur aucun devis : les comptes. C’est la seule ligne de cet article dont l’erreur ne se paie pas en argent mais en années, parce qu’elle ne se découvre qu’au moment où vous voulez changer de prestataire.
Le compte publicitaire doit être le vôtre. C’est lui qui porte l’historique, et l’historique est ce qui fait baisser votre coût avec le temps ; le laisser chez un prestataire signifie que vous repartirez de zéro le jour où vous changerez.
La page, le nom de domaine, la balise de mesure installée sur votre site et les accès administrateurs doivent être à votre nom, avec une adresse électronique de l’entreprise plutôt que celle d’un employé ou d’un proche.
La liste d’adresses est le seul public que vous possédiez vraiment. Une plateforme peut changer ses règles ou fermer un compte du jour au lendemain ; une liste exportée reste une liste.
Le test tient en un message, cette semaine : demandez une exportation de la liste et un accès administrateur à votre nom. La rapidité de la réponse vous en dira plus que n’importe quelle présentation.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
Cinq questions trient les prestataires, et la première est la plus dure à esquiver : laquelle des cinq dépenses me recommandez-vous, et laquelle refusez-vous de me vendre aujourd’hui ?
La deuxième porte sur la mesure : quel chiffre me montrerez-vous chaque mois, d’où vient-il, et qui l’a saisi. Un chiffre dont l’origine ne peut pas être décrite est un chiffre décoratif.
La troisième porte sur les comptes, décrits plus haut, et elle se vérifie par une demande concrète plutôt que par une clause dans un contrat. Demandez à être ajouté comme administrateur avant de payer la première facture ; la demande est banale et le délai de réponse est déjà une information.
La quatrième porte sur la sortie : quel préavis, et que reste-t-il chez vous quand le prestataire part. La réponse honnête est courte et se donne sans hésiter.
La cinquième est un test : demandez-lui ce qu’il refuserait de faire. Un prestataire qui accepte tout n’a pas de méthode, il a un carnet de commandes, et vous serez la ligne suivante.
Ce que nous faisons, et ce que nous refuserons de faire
Ce que nous refuserons : vendre de la publicité à une entreprise qui ne répond pas à ses messages. C’est la dépense la plus rémunératrice pour nous et la plus certaine d’être perdue, et le refus se dit avant le devis plutôt qu’après.
Nous refuserons aussi de livrer un nombre d’abonnés comme résultat. C’est un chiffre que l’on peut faire monter sans qu’une seule vente ait lieu, et le facturer serait vous vendre l’apparence de la chose que vous avez demandée.
Nous refuserons d’acheter des avis, de tenter d’effacer des commentaires véridiques, et de promettre un coût par prospect avant d’avoir un mois de mesure — un chiffre annoncé avant la mesure est une estimation habillée en engagement.
Ce que nous faisons : l’étage de la perte identifié avant toute proposition ; les comptes, la balise et la liste à votre nom et exportables ; un chiffre par mois avec son origine ; et le canal le moins cher essayé avant le plus cher, même quand cela réduit notre facture.
Et ce que vous devriez faire sans nous cette semaine : comptez les messages reçus le mois dernier et combien ont eu une réponse dans l’heure. Puis demandez à vos dix derniers clients où ils vous ont vu. C’est gratuit, cela prend une journée, et ces deux chiffres décideront de la conversation mieux que n’importe quel plan média.
Questions fréquentes
Par quoi commencer si le budget est limité ?
Par l’étage où vous perdez, qui est presque toujours en aval : le délai de réponse aux messages que vous recevez déjà. C’est la dépense la plus petite et la plus rapide à vérifier, et elle rend la publicité rentable ensuite.
Faut-il être présent sur toutes les plateformes ?
Non. La question n’est pas où sont les gens mais où l’on vous cherche déjà, et c’est un endroit plus petit. Demandez à vos dix derniers clients où ils vous ont vu : la réponse coûte une journée et vaut mieux qu’un classement.
Au bout de combien de temps le contenu rapporte-t-il ?
En mois, pas en semaines, et il ne rapporte presque rien au début. En échange, une page écrite une fois continue de répondre pendant des années sans que le coût recommence — c’est la seule des cinq dépenses qui s’accumule.
Combien coûte un prospect en Algérie ?
Nous ne citons pas de chiffre : aucune série datée et vérifiable n’existe pour ce marché. Les repères étrangers servent à comprendre quels secteurs coûtent plus cher que d’autres, jamais à fixer un montant, et il faut dire de quel marché ils viennent.
Que faire d’un avis négatif ?
Le lire d’abord : s’il revient trois fois, il décrit un problème d’organisation. Puis répondre au lecteur suivant plutôt qu’à son auteur, avec un fait vérifiable. Ne cherchez pas à le supprimer : la tentative laisse une trace plus lourde que l’avis.
Les comptes doivent-ils être à notre nom ?
Oui, tous : compte publicitaire, page, domaine, balise de mesure et liste d’adresses, avec une adresse électronique de l’entreprise. L’historique du compte publicitaire fait baisser votre coût dans le temps, et le perdre revient à repartir de zéro.
Où nous intervenons
La feuille des quatre chiffres se remplit en une heure. Ce qu’elle ne dit pas, c’est laquelle des cinq dépenses répond à la chute qu’elle montre.
- Nous lisons la feuille avec vous et nous nommons l’étage où vous perdez.
- Nous désignons la dépense qui y répond, et celles qui attendront le trimestre suivant.
- Nous chiffrons en heures ce que chaque option prendra à vos équipes, pas seulement à nous.
Si la chute est entre le devis envoyé et la vente conclue, aucune des cinq n’y changera rien, et nous le disons avant de vous vendre quoi que ce soit.
À lire ensuite
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Parlons de votre projet
Un audit gratuit, sans engagement : nous regardons votre présence en ligne et nous vous disons ce qui coince.