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Intégrer le paiement en ligne CIB et Edahabia
Les cartes ne sont plus le frein : elles sont 21,9 millions. Ce qui manque, ce sont les commerçants qui les acceptent.
Pendant des années, la réponse à « pourquoi ne pas vendre en ligne en Algérie » était que personne n’avait de carte. Cette réponse n’est plus vraie, et les chiffres publiés par le GIE Monétique pour 2025 le montrent sans ambiguïté.
Ce qui a changé n’est pas seulement le nombre de cartes en circulation. C’est le montant que les gens acceptent désormais de payer avec, le nombre de fois où ils le font, et surtout le fait que l’offre de commerçants en ligne reste minuscule devant la demande.
Cet article décrit ce que disent ces chiffres, ce qu’il faut réellement pour accepter un paiement par carte sur votre site, combien de temps cela prend, et ce qu’il faut prévoir sur le site lui-même pour que le paiement aboutisse.
Tous les montants cités viennent du bilan 2025 du GIE Monétique, indiqué sous chaque graphique. Nous ne publions aucun chiffre de client et aucune estimation maison présentée comme une statistique.
Le volume monétique a changé d’échelle en un an
Le total des opérations monétiques en Algérie a atteint 939 milliards de dinars en 2025, contre 643,8 milliards en 2024. C’est une progression de 46 % sur un seul exercice.
Une croissance de cet ordre sur une base déjà large n’est pas un effet de démarrage. Elle traduit un basculement d’usage : des gens qui payaient en espèces par défaut ont commencé à payer par carte par défaut, et ce genre de changement d’habitude ne se reprend pas.
Pour une entreprise, la conséquence pratique est directe. Le client qui hésitait à saisir un numéro de carte il y a trois ans l’a maintenant fait plusieurs fois, ailleurs, sans incident. Ce n’est plus vous qui devez lui apprendre à payer en ligne.
Une précision sur ce que ce total recouvre, pour éviter un contresens : les 939 milliards comptent l’ensemble des opérations par carte, retraits aux distributeurs compris, et pas seulement les achats en ligne. C’est la marée qui monte, pas la part qui vous concerne directement — celle-là vient plus bas, et elle est plus petite et plus rapide.
GIE Monétique, bilan de l’année 2025
La croissance n’est pas répartie également
Le chiffre global masque l’essentiel. Sur la même année, le nombre de transactions par carte sur internet a progressé de 38 %, le nombre de commerçants en ligne de 26 %, et le montant payé sur internet de 179 %.
Cet écart entre 38 % de transactions supplémentaires et 179 % de montant supplémentaire dit une chose précise : ce ne sont pas seulement les paiements qui se multiplient, ce sont les paniers qui grossissent. Les gens ne testent plus le paiement en ligne sur de petites sommes, ils y font de vrais achats.
C’est le chiffre le plus important de l’article pour une entreprise qui vend cher. L’objection « nos clients n’achèteraient jamais un article à ce prix-là en ligne » avait un fondement en 2020. En 2025, elle décrit le comportement d’il y a cinq ans.
Il faut aussi lire ces pourcentages en gardant en tête la base de départ. Une progression de 179 % sur un montant encore modeste ne produit pas les mêmes revenus qu’une progression de 9 % sur un parc de vingt-deux millions de cartes. Ce que la comparaison montre n’est pas où se trouve l’argent aujourd’hui, mais dans quelle direction il se déplace et à quelle vitesse.
GIE Monétique, bilan de l’année 2025
Qui détient une carte, et laquelle
Le parc compte 21 899 581 cartes en circulation, en hausse de 9 %. Il se répartit entre 17 655 039 cartes Edahabia, émises par Algérie Poste, et 4 244 542 cartes CIB, émises par les banques.
La proportion compte plus que le total. Edahabia représente environ quatre cartes sur cinq, et elle progresse de 13 % quand CIB reste quasiment stable. Un site qui n’accepterait que CIB s’adresserait à moins d’un porteur sur cinq.
C’est aussi une différence de population, pas seulement de volume. Le porteur Edahabia typique n’est pas nécessairement bancarisé au sens classique ; c’est souvent un salarié, un retraité ou un étudiant dont le compte est à Algérie Poste. Ne pas accepter Edahabia revient à écarter cette clientèle-là en particulier.
Une conséquence pratique, souvent négligée au moment de choisir un prestataire technique : les deux cartes ne se comportent pas identiquement dans un tunnel de commande. Les parcours d’authentification diffèrent, les messages d’erreur aussi, et un tunnel testé avec une seule des deux passe en production avec la moitié de ses cas non vérifiés. Demandez explicitement que les deux soient testées avant l’ouverture.
Une conséquence commerciale de cette répartition, rarement tirée : si votre clientèle est majoritairement salariée, retraitée ou étudiante, Edahabia n’est pas une option secondaire, c’est votre moyen de paiement principal. Le hiérarchiser dans l’affichage du tunnel — la carte la plus détenue en premier — est une modification d’une ligne qui retire une hésitation au moment le plus fragile.
- Edahabia (Algérie Poste)17 655 039cartes
- CIB (banques)4 244 542cartes
GIE Monétique, bilan de l’année 2025
Le panier moyen a été multiplié par plus de quatre
Le montant moyen d’une transaction en ligne est passé d’environ 1 180 dinars en 2020 à près de 5 400 dinars en 2025.
Un panier de 1 180 dinars, c’est une recharge téléphonique ou une facture. Un panier de 5 400 dinars, c’est un achat que l’on réfléchit — un vêtement, une pièce, une prestation. Le passage de l’un à l’autre est le moment où le paiement en ligne cesse d’être un service public dématérialisé pour devenir un canal de vente.
Ce chiffre est aussi le meilleur argument face à un dirigeant qui craint la fraude. Un client ne confie pas 5 400 dinars à un mécanisme auquel il ne fait pas confiance, et il le fait maintenant vingt-sept millions de fois par an.
Ce chiffre a une lecture supplémentaire pour qui vend des services plutôt que des produits. Un panier moyen de cet ordre signifie que le paiement en ligne n’est plus réservé aux petites transactions instantanées : il devient utilisable pour un acompte, une prestation, une inscription. Beaucoup d’activités qui se croyaient hors du champ y sont entrées sans s’en apercevoir.
GIE Monétique, bilan de l’année 2025
Le vrai goulot d’étranglement : six cent quarante-quatre
Face à 21,9 millions de cartes, le nombre de commerçants web intégrés à la plateforme de paiement en ligne est de 644. Le rapport est d’environ un commerçant pour trente-quatre mille porteurs.
Il n’existe aucun marché normal où cette proportion tient. Elle veut dire que la demande est déjà là, largement, et que ce qui manque est l’offre — c’est-à-dire des entreprises qui ont fait la démarche.
Pour vous, cela se traduit par un avantage temporaire et mesurable : dans la plupart des secteurs, vous serez parmi les premiers de votre ville à accepter la carte, et vos concurrents mettront un à deux ans à s’aligner. Cet avantage se referme, et il se referme de 26 % par an.
Une réserve honnête sur ce raisonnement : la fenêtre décrite ici est une opportunité, pas une garantie. Être le premier de sa ville à accepter la carte ne sert à rien si le site ne convainc pas, si les délais de livraison ne sont pas tenus ou si personne ne répond au téléphone. L’avance donne du temps, elle ne remplace aucune des choses que ce temps doit servir à faire.
Ce qu’il faut réunir avant de commencer
Le dossier ne se monte pas en une après-midi, et l’essentiel du délai vient de pièces administratives que vous avez déjà. Il vous faut un registre de commerce à jour, un compte bancaire professionnel au nom de l’entreprise, un numéro d’identification fiscale, et un site qui existe réellement avec ses conditions de vente publiées.
La banque est votre interlocuteur, pas la plateforme. C’est elle qui monte le dossier, le transmet, et c’est avec elle que se négocie la commission. Choisir la banque avant de choisir le prestataire technique est l’ordre qui fait gagner le plus de temps.
Le point qui bloque le plus souvent n’est aucun de ceux-là : c’est la concordance exacte entre la raison sociale du registre de commerce, celle du compte bancaire et celle affichée sur le site. Trois orthographes légèrement différentes suffisent à faire revenir le dossier.
Prévoyez aussi qui, chez vous, portera le dossier. Ce n’est pas une tâche technique et elle ne peut pas être déléguée à un prestataire extérieur : c’est votre entreprise qui signe, et la banque échangera avec la personne qui a autorité pour engager. Le dossier qui traîne est presque toujours celui dont personne n’a été explicitement chargé.
Les délais réels, et dans quel ordre
Comptez l’instruction du dossier en semaines et non en jours, l’intégration technique en jours une fois les accès reçus, et une phase de tests avant l’ouverture réelle. La partie longue est administrative, la partie courte est informatique, et c’est l’inverse de ce que la plupart des dirigeants anticipent.
La conséquence pratique est qu’il faut déposer le dossier avant d’avoir fini le site, pas après. Attendre que tout soit prêt pour commencer les démarches ajoute mécaniquement plusieurs semaines pendant lesquelles le site est en ligne sans pouvoir encaisser.
Prévoyez aussi que la première transaction réelle ne sera pas la première tentative. Il y a presque toujours un aller-retour sur un paramètre — une adresse de retour, un certificat, un montant de test — et il vaut mieux le découvrir une semaine avant l’ouverture qu’un jour après.
Un point d’organisation en découle. Pendant que l’instruction suit son cours, le site peut continuer de vendre en paiement à la livraison ; il n’y a aucune raison d’attendre l’accord pour ouvrir. Les entreprises qui suspendent leur activité en ligne « en attendant la carte » perdent plusieurs semaines de commandes qu’elles auraient encaissées autrement.
Ce que le paiement change sur le site lui-même
Accepter la carte impose des obligations qui ne sont pas techniques. Vos conditions générales de vente doivent être publiées et accessibles avant le paiement, vos prix affichés toutes taxes comprises, vos délais de livraison indiqués, et votre politique de remboursement écrite noir sur blanc.
Ce ne sont pas des formalités : ce sont les pages que le client ouvre au moment précis où il hésite à saisir son numéro. Un site qui n’a pas de page de remboursement demande une confiance qu’il n’a rien fait pour mériter.
Il faut également une adresse et un numéro de téléphone joignables. Le paiement en ligne transfère au commerçant une charge de preuve : c’est à vous de démontrer que vous existez ailleurs que derrière un formulaire.
Il faut ajouter que ces pages ne se rédigent pas une fois pour toutes. Un délai de livraison qui a changé, une politique de retour qui ne correspond plus à ce que vous faites réellement, une adresse ancienne : chacune de ces divergences est un motif de contestation, et c’est vous qui portez la charge de la preuve. Relisez-les une fois par an, cela prend une heure.
Un mot sur les remboursements, parce qu’ils arrivent plus vite qu’on ne le prévoit : décidez qui, chez vous, a le droit de les déclencher, et sous quel délai. Une demande légitime laissée sans réponse pendant deux semaines produit une contestation, laquelle coûte plus cher que le remboursement et laisse une trace que le remboursement n’aurait pas laissée.
Où les paniers se perdent, et pourquoi
L’abandon ne se produit pas au moment de la carte. Il se produit avant, sur trois écrans : celui où un frais de livraison apparaît pour la première fois, celui qui demande de créer un compte, et celui qui redemande une information déjà donnée.
Le frais de livraison affiché en dernier est le premier motif d’abandon partout où il a été mesuré, et le mécanisme est simple : le client a fait son calcul dans sa tête, on le change au dernier moment, il recommence à réfléchir. Afficher le coût total dès la fiche produit coûte quelques ventes en apparence et en récupère davantage.
La création de compte obligatoire est le deuxième. Un client qui achète une fois n’a aucune raison de créer un identifiant, et lui demander de le faire au moment de payer transforme un achat en inscription. La commande sans compte se paramètre en une heure.
Une quatrième perte, plus discrète, mérite d’être surveillée : l’écran qui redemande le numéro de téléphone après l’avoir déjà accepté, ou qui rejette un format sans dire lequel il attend. Les messages d’erreur du tunnel sont écrits par des développeurs pour des développeurs, et ce sont les seules phrases du site qu’un client lit au moment exact où il envisage d’abandonner.
Le paiement à la livraison ne disparaît pas, et ce n’est pas un problème
Proposer la carte ne signifie pas retirer le paiement à la livraison. Les deux coexistent, et la répartition entre eux se déplace lentement, par habitude et par confiance, client par client.
Garder les deux est d’ailleurs la meilleure façon de faire progresser la carte. Le client qui a le choix et prend la livraison la première fois prendra souvent la carte la deuxième, une fois qu’il sait que la commande arrive. Le client à qui l’on retire le choix ne commande simplement pas.
Ce qui change immédiatement, en revanche, c’est votre trésorerie sur la part payée par carte : encaissement au moment de la commande plutôt qu’à la livraison, et disparition des refus au moment de la remise. Sur un volume de commandes moyen, c’est souvent le gain le plus visible dès le premier mois.
Un dernier effet mérite d’être anticipé : la carte change la nature de vos litiges. Avec le paiement à la livraison, un refus est une commande perdue et rien de plus. Avec la carte, l’argent est déjà encaissé, et un client mécontent ouvre une contestation. Ce n’est pas une raison de s’abstenir, c’est une raison de soigner la description des produits et les délais annoncés.
Par où commencer cette semaine
Appelez votre banque et demandez la liste exacte des pièces pour l’acceptation du paiement en ligne. C’est gratuit, cela prend un appel, et la réponse vous dira en une phrase si votre dossier est proche ou lointain.
Pendant l’instruction, écrivez les quatre pages que le paiement rend obligatoires : conditions de vente, livraison, remboursement, mentions légales. Elles se rédigent en un jour et ce sont celles qui manquent le plus souvent au moment où le dossier revient.
Ne commandez pas le développement technique en premier. C’est la partie la plus rapide, elle dépend d’accès que vous n’avez pas encore, et la faire d’abord revient à payer pour attendre.
Enfin, décidez à l’avance de la manière dont vous mesurerez. Le nombre de commandes payées par carte, leur panier moyen comparé à celui des commandes livrées contre espèces, et la part de tentatives de paiement qui échouent : ces trois chiffres se relèvent en cinq minutes par mois et disent, au bout d’un trimestre, si l’intégration a produit ce que vous en attendiez.
Et prévoyez le cas du client qui appelle parce que le paiement a échoué. C’est le moment où une commande est encore récupérable, et il ne l’est que si quelqu’un décroche et sait quoi répondre. Un échec de paiement traité en direct redevient une vente ; le même échec laissé sans suite est une vente perdue dont vous ne saurez jamais rien.
Ce que nous faisons, si vous préférez ne pas le faire seul
Nous commençons par le dossier, pas par le code, parce que c’est lui qui commande le calendrier. Nous vérifions la concordance exacte entre la raison sociale du registre de commerce, celle du compte bancaire et celle affichée sur le site — la divergence qui fait revenir les dossiers — et nous vous rendons la liste des pièces qui manquent avant que la banque ne vous la renvoie.
Pendant l’instruction, nous préparons le site : les quatre pages que l’acceptation rend obligatoires, le tunnel de commande sans création de compte imposée, et l’affichage du coût total dès la fiche produit. Ce sont des corrections qui valent d’être faites même si le dossier était refusé, ce qui est la raison pour laquelle nous les faisons pendant l’attente plutôt qu’après.
Nous intégrons ensuite le paiement et nous testons les deux cartes, CIB et Edahabia, séparément et jusqu’au bout — y compris les cas d’échec, qui sont ceux que personne ne vérifie et ceux que vos clients rencontreront. Vous recevez le compte rendu de ces tests, pas seulement une confirmation que « ça marche ».
Enfin nous mettons en place les trois relevés qui vous diront si l’intégration a servi : commandes payées par carte, panier moyen comparé, taux d’échec au paiement. Nous ne promettons aucun chiffre à l’avance, pour la raison expliquée dans nos pages : nous ne publions pas de résultat client, et nous n’en inventerons pas pour vous vendre une intégration.
Questions fréquentes
Faut-il accepter CIB et Edahabia, ou une seule des deux ?
Les deux. Edahabia représente environ quatre cartes sur cinq en circulation et c’est celle qui progresse ; n’accepter que CIB reviendrait à s’adresser à moins d’un porteur sur cinq.
Combien de temps avant d’encaisser la première commande ?
L’instruction du dossier se compte en semaines, l’intégration technique en jours. Déposez le dossier avant de finir le site : l’ordre inverse ajoute plusieurs semaines pendant lesquelles le site est en ligne sans pouvoir encaisser.
Est-ce rentable pour un petit volume de commandes ?
Cela dépend de la commission négociée et de votre panier moyen, pas du nombre de commandes. Faites le calcul sur votre marge réelle avant de vous engager — et comparez-le au coût actuel des refus à la livraison.
Que se passe-t-il si le client conteste un paiement ?
Vous devez pouvoir prouver la commande et la livraison. C’est la raison pratique pour laquelle les conditions de vente, les délais et la politique de remboursement doivent être publiés avant l’achat, et pas seulement pour la forme.
Faut-il refaire le site pour accepter le paiement ?
Rarement. Il faut un tunnel de commande propre, les pages obligatoires et un certificat valide. Si le site vend déjà avec paiement à la livraison, l’essentiel de la structure est en place.
Le paiement à la livraison va-t-il disparaître ?
Pas à court terme, et il n’y a aucun intérêt à le retirer. Les deux modes coexistent ; retirer le choix fait perdre des commandes plus vite que la carte n’en gagne.
Où nous intervenons
La liste des pièces exigées par votre banque commande tout le calendrier, et un appel suffit à l’obtenir. Le code n’est pas ce qui vous retarde.
- Nous rédigeons les mentions obligatoires pendant que la banque instruit votre dossier.
- Nous testons CIB et Edahabia séparément, jusqu’au versement effectif.
- Nous posons les trois relevés qui mesureront l’effet, ou son absence.
Si vous encaissez moins de dix commandes par mois, le dossier vous coûtera plus de temps que le paiement en ligne ne vous en fera gagner cette année.
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