Marketing digital
La vidéo qui répond à une question rapporte encore dans deux ans
La plateforme est aussi un moteur de recherche. C’est la seule surface de ce pilier où un travail fait une fois continue de travailler.
L’article qui accompagne celui-ci sépare cette plateforme en deux produits sous un seul nom : un moteur et une télévision. Il consacre ensuite onze sections sur douze à la télévision, c’est-à-dire à l’annonce qu’on peut passer et dont les cinq premières secondes sont le produit.
Cette page traite de l’autre moitié, celle du moteur. Des gens tapent une question, la plateforme leur propose des vidéos, et l’une d’elles peut être la vôtre — trois mois après que vous l’avez publiée, puis deux ans après.
C’est la différence qui compte dans tout ce pilier. Sur les autres plateformes, ce que vous publiez est distribué pendant quelques jours puis disparaît, et les deux articles voisins de celui-ci portent précisément sur des surfaces où rien ne persiste. Ici, une vidéo bien posée continue d’être trouvée sans que personne ne la relance.
Nous allons donc voir quelles questions valent une vidéo, où les trouver, comment les titrer, ce qu’il faut mettre dans les trente premières secondes, à quel rythme publier, et — c’est la section la plus honnête de l’article — dans quels métiers cela ne marche pas du tout.
Deux produits, et celui-ci n’est pas payant
Le premier obstacle est de vocabulaire. « Faire de la publicité sur cette plateforme » et « être trouvé sur cette plateforme » désignent deux activités qui n’ont en commun que le nom du site.
La publicité s’achète, se règle, s’arrête, et cesse d’exister le jour où vous cessez de payer. C’est le sujet de l’article compagnon, et c’est un bon sujet.
Le moteur ne s’achète pas. On y entre en publiant quelque chose qui répond à une question que les gens posent, et la vidéo reste trouvable ensuite, indéfiniment, sans budget.
Ce que cela change pour une petite entreprise est considérable. Une dépense publicitaire s’arrête quand la trésorerie se tend, et tout s’arrête avec elle ; une vidéo publiée il y a un an continue d’amener des gens le mois où vous n’avez rien dépensé du tout.
C’est aussi ce qui la rend lente. Rien de ce que décrit cet article ne produit d’effet cette semaine, et une entreprise qui a besoin de clients ce mois-ci doit lire l’article compagnon plutôt que celui-ci.
La vidéo qui répond à une question
La forme est étroite et elle se décrit en une phrase : une question précise, posée dans le titre, et la réponse donnée tout de suite.
Ce n’est pas une présentation de l’entreprise, ce n’est pas une visite des locaux, et ce n’est pas une vidéo d’ambiance. Ces trois choses ont leur place ailleurs ; aucune ne correspond à ce que quelqu’un tape dans une barre de recherche.
Le critère est simple à vérifier avant de filmer : est-ce que quelqu’un taperait cette phrase ? « Comment savoir si une batterie de voiture est morte » se tape. « Notre atelier vous accueille depuis 2015 » ne se tape pas.
La deuxième moitié du critère est plus exigeante : la réponse doit être complète. Une vidéo qui expose la question et conclut « contactez-nous pour en savoir plus » est une publicité déguisée, et elle est traitée comme telle — regardée douze secondes, puis quittée.
Cela demande d’accepter quelque chose d’inconfortable : vous allez donner gratuitement ce que vous savez, y compris à des gens qui s’en serviront pour se débrouiller seuls. La section sur ce que cela rapporte explique pourquoi c’est rentable malgré cela.
Les questions sont déjà dans vos messages
La recherche des sujets est la partie que tout le monde complique, et la source la plus fiable est déjà chez vous.
Relisez trente messages reçus et notez chaque question posée. Pas les demandes de prix — les questions : est-ce que ça tient sur du carrelage, combien de temps ça sèche, est-ce que je peux le faire moi-même, quelle taille prendre.
Faites la même chose avec ce qu’on vous demande au comptoir ou au téléphone. Une question que vous avez expliquée cent fois de vive voix est exactement une question que des centaines de gens tapent, et vous avez déjà la réponse rodée.
Le signe qu’un sujet est bon est agaçant et fiable : c’est la question qui vous lasse. Si vous soupirez intérieurement en l’entendant, c’est qu’elle revient souvent, et « elle revient souvent » est la seule qualification qui compte ici.
Un outil de mots-clés n’est pas nécessaire pour commencer, et il est trompeur au début. Il donne des volumes nationaux ou régionaux, souvent pour des formulations que personne dans votre métier n’emploie, alors que votre boîte de réception contient des questions réelles, formulées comme les gens les posent.
Le titre est la question, écrite comme on la pose
Le titre n’est pas un espace d’expression. C’est le champ que la recherche lit, et la règle est de le remplir avec la question elle-même.
Écrivez-la comme quelqu’un la taperait, pas comme on la rédigerait dans une brochure. Les gens tapent une phrase incomplète et directe ; un titre élégant, allusif ou construit autour du nom de l’entreprise ne correspond à rien de ce qui est cherché.
Évitez le jeu de mots, la question rhétorique et le titre qui promet sans dire. Ils fonctionnent sur les plateformes où la distribution est poussée vers les gens ; ici c’est la personne qui vient chercher, et elle reconnaît sa propre question ou elle passe.
Une précision de langue qui compte ici plus qu’ailleurs : les gens tapent en français, en arabe, et souvent dans les deux au sein d’une même formulation. Il n’y a pas de solution unique — publier deux vidéos, l’une par langue, fonctionne mieux qu’une seule qui mélange, parce que le titre ne peut être dans qu’une langue à la fois.
Enfin, ne changez pas un titre qui fonctionne pour l’améliorer. Une vidéo trouvée depuis un an l’est parce que sa formulation correspond à ce que les gens tapent, et cette correspondance n’est pas visible depuis votre écran.
Les trente premières secondes donnent la réponse
C’est le point où cet article contredit le plus nettement son voisin, et la contradiction est réelle plutôt qu’apparente.
Dans une annonce, les cinq premières secondes servent à retenir quelqu’un qui n’a rien demandé et qui va passer. C’est un problème d’accroche, et l’article compagnon le traite entièrement.
Ici la personne a posé la question, elle a cliqué, elle veut la réponse. La retenir n’est pas le problème ; la faire attendre est le problème. Une introduction, un logo animé, une présentation de l’entreprise avant la réponse font partir exactement les gens que vous avez réussi à faire venir.
La structure qui marche est donc inversée par rapport à l’habitude : la réponse courte d’abord, en une ou deux phrases, puis l’explication, puis les cas particuliers, et l’entreprise à la fin si elle a lieu d’y être.
Cette structure a un effet secondaire qu’il faut connaître : les gens repartent parfois après trente secondes, satisfaits. C’est un bon résultat, même si l’indicateur de durée de visionnage dit le contraire — ils ont obtenu ce qu’ils cherchaient, chez vous.
Ce qui se démode, et ce qui ne se démode pas
Une vidéo qui reste trouvable des années finit par être trouvée dans un monde qui a changé, et une réponse devenue fausse coûte plus qu’elle n’a rapporté.
Ce qui ne se démode pas : une méthode, un geste, un principe, un diagnostic. Comment reconnaître un défaut, quelles sont les étapes, ce qu’il faut vérifier avant d’acheter. Ces réponses restent vraies tant que le métier existe.
Ce qui se démode : les prix, les délais, les références de produits, les procédures administratives, tout ce qui dépend d’un fournisseur ou d’une réglementation. Ces éléments sont à écarter de la vidéo elle-même et à mettre dans le texte en dessous, où ils se corrigent en une minute.
Cette section traite d’autre chose que la section correspondante de l’article sur le tournage, et la différence mérite d’être dite. Là-bas il s’agit d’images brutes qui restent réutilisables dans un montage futur. Ici il s’agit d’une vidéo déjà publiée dont la réponse cesse d’être vraie — l’actif n’est pas le même et la panne non plus.
La révision se fait une fois par an, en une heure, sur les vidéos les plus vues seulement. Une réponse devenue fausse se corrige en republiant ou en retirant, et il vaut mieux retirer que laisser en ligne une explication à laquelle votre nom est attaché.
Une question par vidéo, jamais une compilation
La tentation est de regrouper : « dix conseils pour… », « tout ce qu’il faut savoir sur… ». C’est la forme qui paraît la plus généreuse et c’est la moins efficace ici.
La raison est mécanique. Une compilation ne correspond exactement à aucune question tapée ; elle correspond approximativement à dix, et l’approximation perd contre une vidéo qui répond précisément à l’une d’elles.
La deuxième raison est du côté du spectateur. Quelqu’un qui cherche une chose précise ne veut pas parcourir huit minutes pour trouver la minute qui le concerne, et le fait qu’un repère temporel existe dans la description ne compense qu’à moitié.
La troisième est pratique : dix vidéos courtes se produisent séparément, sur dix séances, alors qu’une compilation demande un après-midi entier et n’est donc jamais faite.
Il y a une exception, et elle vient plus tard : quand une dizaine de vidéos existent, une vidéo d’ensemble qui renvoie vers elles a du sens. Elle est alors une conséquence du travail et non une manière de l’éviter.
Le texte en dessous, et ce que personne n’y met
La description est traitée comme un formulaire administratif et elle est en réalité une partie du dispositif, pour trois raisons distinctes.
La première est que c’est du texte, et que le texte se lit par des machines qui ne regardent pas la vidéo. Une ou deux phrases reprenant la question et sa réponse courte valent mieux qu’un slogan.
La deuxième est que c’est l’endroit où mettent les éléments périssables que la section précédente a écartés de la vidéo : un prix indicatif, une référence, une adresse. Ils se corrigent sans retoucher l’image.
La troisième est la plus négligée : c’est le seul endroit où quelqu’un qui vient de recevoir gratuitement une réponse utile peut trouver comment vous joindre. Un numéro cliquable et une adresse, en haut de la description, pas au fond.
Ajoutez-y les repères temporels dès que la vidéo dépasse deux minutes. Ils coûtent cinq minutes à écrire et ils transforment une vidéo moyennement regardée en une vidéo dont les gens atteignent la partie qui les concerne.
Ce que cela rapporte, et quand
Il faut être clair sur le calendrier, parce que c’est là que la plupart des tentatives s’arrêtent — non pas par échec, mais par découragement au mauvais moment.
Les premières semaines ne produisent presque rien, et ce n’est pas un signal. Une vidéo met des mois à trouver son public, parce que la plateforme la propose d’abord peu, puis davantage si les gens qui la voient la regardent jusqu’au bout.
Ce qui arrive ensuite est cumulatif et c’est la propriété qui distingue cette approche de tout le reste du pilier : la vidéo de janvier continue de travailler pendant que vous publiez celle de juin, et la douzième arrive dans un catalogue qui reçoit déjà des visites.
Nous ne citons aucun chiffre pour appuyer cela, et il faut dire pourquoi plutôt que de rester vague. La question est de savoir ce qu’une vidéo rapporte dans deux ans ; y répondre demande une série longue sur des chaînes algériennes que personne ne publie, et un chiffre étranger décrirait un autre marché à une autre époque.
Ce que vous pouvez mesurer vous-même, en revanche, répond exactement à la question : les vues de chacune de vos vidéos dans sa deuxième année comparées à sa première. Ce relevé coûte dix minutes par an et il tranche, pour votre métier, ce qu’aucune source ne tranchera.
La chaîne, et pourquoi une vidéo isolée déçoit
Une vidéo publiée seule sur une chaîne vide se comporte moins bien qu’une vidéo identique publiée sur une chaîne qui en compte dix, et il faut le savoir avant de conclure que la méthode ne marche pas.
Une partie de l’effet est humaine. Quelqu’un qui trouve une réponse utile va voir ce qu’il y a d’autre ; une chaîne vide interrompt ce mouvement, et l’article compagnon note déjà qu’une chaîne vide se remarque.
Une autre partie tient au fonctionnement de la plateforme, qui propose volontiers d’autres vidéos de la même origine à quelqu’un qui vient d’en regarder une. Sans autres vidéos, cette proposition n’a rien à offrir.
La conséquence pratique est qu’il faut juger l’approche sur une série et non sur une pièce. Publier trois vidéos et conclure est aussi peu informatif que juger un commerce sur ses trois premiers jours.
C’est aussi ce qui rend le rythme plus important que la qualité de chaque pièce. Douze vidéos correctes réparties sur un an valent mieux que trois très bonnes, et cette phrase est à peu près l’inverse de ce qu’on dirait d’une annonce publicitaire.
Quand cette approche ne marche pas
Elle ne convient pas à tout le monde, et la liste des cas où elle échoue est courte et reconnaissable.
Le premier est le produit que personne ne cherche à comprendre. Un achat d’impulsion, un produit alimentaire courant, un article de mode : les gens ne tapent pas de question à leur sujet, et il n’y a donc pas de recherche à capter.
Le deuxième est le métier dont les questions sont entièrement locales. « Est-ce que ce restaurant est ouvert le vendredi » est une question réelle et elle ne se pose pas ici — elle se pose dans la fiche d’établissement, dont traite l’article sur le référencement local.
Le troisième est l’entreprise qui ne peut pas tenir un rythme d’une vidéo par mois pendant un an. Ce n’est pas un jugement : c’est une contrainte de temps, et une méthode qui suppose douze mois de régularité ne convient pas à qui n’en dispose pas.
Dans ces trois cas, l’argent et le temps sont mieux placés ailleurs — sur la fiche d’établissement, sur les avis, ou sur la publicité payante que traite l’article compagnon. Reconnaître cela tôt coûte une conversation ; le reconnaître après un an coûte un an.
Ce que nous faisons, et ce que nous refusons
Ce que nous faisons est délimité. Nous relisons trente de vos messages pour en extraire les questions, nous en retenons douze, nous écrivons les titres et les réponses courtes, et nous revenons une fois par an réviser ce qui a cessé d’être vrai. Le tournage est le vôtre, selon la méthode de l’article sur le tournage.
Nous refusons de promettre une date à laquelle cela commence à rapporter. Nous n’en avons pas : la question demande une série longue sur des chaînes algériennes que personne ne publie, et avancer un délai reviendrait à convertir un chiffre étranger dans un marché qui n’est pas le sien.
Nous refusons également de produire une vidéo sur une question que personne ne pose. C’est la demande la plus fréquente — une présentation de l’entreprise, une visite des locaux — et ce sont des objets légitimes qui n’appartiennent simplement pas à cette approche : personne ne les cherche, donc le moteur ne les proposera à personne.
Et il y a une chose à faire ce soir sans nous, qui décide de tout le reste : relire trente messages reçus et noter les questions qu’ils contiennent. Si vous en trouvez douze qui reviennent, la méthode a un objet ; si vous n’en trouvez que trois, votre métier fait partie de ceux que la section précédente écarte, et c’est une réponse gratuite en une demi-heure.
Questions fréquentes
Faut-il payer pour que la vidéo soit trouvée ?
Non, et c’est la différence entre les deux moitiés de cette plateforme. La publicité s’achète et cesse d’exister quand vous cessez de payer ; une vidéo qui répond à une question reste trouvable ensuite sans budget. En contrepartie elle est lente : rien ici ne produit d’effet cette semaine, et une entreprise qui a besoin de clients ce mois-ci doit lire l’article compagnon.
Combien de vidéos faut-il, et à quel rythme ?
Une par mois pendant un an, plutôt que trois très bonnes. Une vidéo isolée sur une chaîne vide se comporte moins bien qu’une vidéo identique sur une chaîne qui en compte dix — les gens vont voir ce qu’il y a d’autre, et la plateforme propose volontiers d’autres vidéos de la même origine. Jugez la méthode sur une série, jamais sur une pièce.
En français ou en arabe ?
Les gens tapent dans les deux, souvent en mélangeant au sein d’une même formulation, et le titre ne peut être que dans une langue à la fois. Deux vidéos, une par langue, fonctionnent mieux qu’une seule qui mélange. Commencez par la langue dans laquelle vos messages arrivent le plus souvent — c’est une information que vous avez déjà.
N’est-ce pas donner gratuitement notre savoir-faire ?
Si, et c’est la condition. Une vidéo qui pose la question et conclut « contactez-nous » est une publicité déguisée, regardée douze secondes puis quittée. Une partie des gens se débrouilleront seuls ; ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas vous connaissent alors, et un numéro cliquable en haut de la description est ce qui transforme cela en appel.
Que faire d’une vidéo dont la réponse n’est plus vraie ?
Corrigez ou retirez, une fois par an, sur les vidéos les plus vues seulement. Mieux vaut retirer que laisser en ligne une explication fausse à laquelle votre nom est attaché. Le mieux est de l’éviter au tournage : les prix, les délais et les références vont dans le texte en dessous, où ils se corrigent en une minute, et jamais dans l’image.
Pour quels métiers cela ne marche-t-il pas ?
Trois cas. Les produits que personne ne cherche à comprendre — achat d’impulsion, alimentaire courant, mode. Les métiers dont les questions sont purement locales, qui relèvent de la fiche d’établissement. Et les entreprises qui ne peuvent pas tenir douze mois de régularité. Reconnaître le cas tôt coûte une conversation ; le reconnaître après un an coûte un an.
Où nous intervenons
Trente messages relus vous donnent les questions réelles, pas les demandes de prix. La suivante est plus dure : écrire le titre tel que quelqu’un le taperait.
- Nous extrayons les questions avec vous et nous en retenons celles qui se filment.
- Nous écrivons le titre dans les mots du client, pas dans le vocabulaire du métier.
- Nous reprenons la vidéo à un an si la question a changé de formulation.
Si personne ne pose cette question, ne la filmez pas : une vidéo sur un sujet que vous trouvez important ne trouve pas d’audience.
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