Sécurité & surveillance
Sécurité informatique : quatre récits, et le temps qu’on met à s’en apercevoir
Ce qui coûte n’est presque jamais l’instant de l’incident. C’est l’intervalle entre le moment où il arrive et le moment où quelqu’un le remarque.
L’article sur la famille sécurité énumère en un paragraphe ce qui arrive réellement à une petite entreprise. Cette page en raconte quatre correctement, parce qu’une liste ne montre pas la seule chose qui décide du coût.
Cette chose est un intervalle. Dans les quatre cas, l’événement lui-même est bref et pas très grave ; ce qui coûte est le temps qui passe entre le moment où il se produit et le moment où quelqu’un s’en aperçoit.
Cet intervalle se compte en semaines pour un mot de passe réutilisé, en jours pour un ordinateur volé, en heures pour un virement détourné, et en minutes pour un fichier chiffré. Ce ne sont pas les mêmes urgences et cela change ce qu’il faut préparer.
Cette page raconte donc les quatre, dit ce qui les raccourcit, explique ce qu’il faut faire dans la première heure, et contient un chiffre que nous possédons et que nous ne publierons pas — la section 5 dit pourquoi.
Quatre récits plutôt qu’une catégorie
Le mot « sécurité informatique » recouvre des choses si différentes que le mot lui-même empêche de décider. Il est plus utile de raconter ce qui arrive que de le classer.
Le premier récit est physique : un ordinateur portable disparaît, dans une voiture ou dans un local, et personne ne pense d’abord aux données qu’il contenait.
Le deuxième est un enchaînement : un mot de passe utilisé ailleurs apparaît dans la fuite d’un service sans rapport avec vous, et quelqu’un l’essaie sur votre messagerie des mois plus tard.
Le troisième est une conversation : un message très correct, dans un fil existant, demande de modifier des coordonnées bancaires avant un paiement prévu.
Le quatrième est brutal : les fichiers partagés deviennent illisibles en quelques minutes, un vendredi après-midi, et la sauvegarde qui devait servir ce jour-là n’a jamais été essayée. Aucun des quatre ne ressemble à ce que le mot « sécurité » évoque, et c’est le problème.
Le portable volé, et le disque qu’on sort
C’est l’événement le plus fréquent et le seul que tout le monde comprend immédiatement — sauf sur un point : ce qui a été perdu.
La perte matérielle est chiffrable et modeste. La perte réelle est le contenu : la messagerie et son historique, les fichiers de travail hors ligne, les mots de passe enregistrés dans le navigateur, et les sessions déjà ouvertes vers vos outils en ligne.
Le mot de passe de session ne protège rien de tout cela. Il empêche d’allumer la machine et de s’en servir normalement ; il n’empêche pas de sortir le disque et de le lire ailleurs, ce qui prend quelques minutes et aucune compétence particulière.
La seule protection est le chiffrement du disque, activé avant l’incident, et il est aujourd’hui inclus dans les systèmes que vos machines font déjà tourner. Ce n’est pas un achat : c’est une case à cocher lors de la préparation d’un poste, et c’est la mesure au meilleur rapport de tout ce pilier.
L’intervalle ici est court — un vol se remarque le jour même — et c’est ce qui rend la suite décisive : dans l’heure, on change le mot de passe de la messagerie, on ferme les sessions ouvertes à distance, et on prévient la banque si des accès y étaient enregistrés. Ces trois gestes se préparent à l’avance parce qu’ils ne s’improvisent pas un samedi.
Le mot de passe réutilisé
C’est le récit dont l’intervalle est le plus long et la cause la plus lointaine, et c’est pour cela qu’il est le plus mal compris : ce n’est pas votre système qui a été percé.
La séquence est toujours la même. Un employé utilise le même mot de passe pour votre messagerie et pour un service sans rapport — une boutique, un forum, une application. Ce service subit une fuite, ce qui arrive régulièrement et ce dont personne n’est prévenu. La liste circule. Des mois plus tard, quelqu’un essaie ces couples d’identifiants un peu partout, automatiquement.
Ce qui se passe ensuite est discret et c’est ce qui rend l’intervalle long : la personne qui entre dans une messagerie ne casse rien. Elle lit. Elle attend un échange qui parle d’argent, et elle intervient au bon moment — ce qui est le récit suivant.
La conséquence est que la sécurité de votre messagerie ne dépend pas que de vous, et qu’aucun équipement du pilier ne traite ce cas. Ce qui le traite tient en deux mesures, toutes deux gratuites.
La première est un mot de passe différent par service, ce qui demande un moyen de les retenir — un gestionnaire, ou à défaut un carnet fermé à clé, qui vaut mieux qu’un mot de passe unique. La seconde est la vérification en deux étapes sur la messagerie, qui rend un mot de passe volé insuffisant. Si une seule mesure de cette page devait être prise cette semaine, c’est celle-là.
Le message qui demande un changement de coordonnées
C’est le récit le plus coûteux par événement, et c’est le seul où l’intervalle se compte en heures — parce qu’au-delà, l’argent est parti.
La version naïve est facile à repérer : une adresse inconnue, une langue approximative, une urgence excessive. Ce n’est pas celle qui fonctionne. Celle qui fonctionne arrive dans un fil de discussion existant, avec les bonnes références, le bon ton, et souvent la bonne signature — parce que la personne qui écrit lit votre correspondance depuis des semaines, par le chemin du récit précédent.
Il n’y a aucun moyen technique fiable de la distinguer. C’est un message qui ressemble à un message légitime, envoyé au bon moment, sur un sujet réel. Le pare-feu ne la voit pas, l’antivirus non plus, et un employé attentif se trompe.
La seule parade qui fonctionne est une habitude, et elle doit être une règle de l’entreprise plutôt qu’une consigne de vigilance : tout changement de coordonnées de paiement se confirme par un appel vocal, à un numéro que vous aviez déjà avant le message. Jamais au numéro indiqué dans le message, jamais par réponse au courriel.
Cette règle doit être écrite, connue de toutes les personnes qui peuvent déclencher un paiement, et appliquée sans exception — y compris quand c’est le dirigeant qui demande, y compris quand c’est urgent, et surtout quand c’est urgent. L’urgence est l’outil principal de ce récit.
Le fichier chiffré, et la seule chose qui vous en sort
C’est le récit dont l’intervalle est le plus court — quelques minutes entre le début et le moment où tout le monde s’en aperçoit — et c’est le seul qui arrête l’entreprise plutôt que de lui coûter une somme.
Le déclencheur est presque toujours ordinaire : une pièce jointe ouverte, un logiciel téléchargé sur un site de recherche, une machine hors support restée branchée. Ce qui suit est automatique et rapide, et cela touche tout ce que la personne pouvait modifier — donc les partages du serveur, pas seulement son poste.
C’est la raison pour laquelle ce récit est celui qui justifie le classement de tout ce pilier. Aucun produit de la famille sécurité ne le résout après coup : ni une caméra, ni un pare-feu, ni un contrôle d’accès. Une seule chose vous en sort, et c’est une restauration.
Encore faut-il que la copie soit hors d’atteinte. Une sauvegarde branchée en permanence et accessible depuis le poste est chiffrée en même temps que le reste, et c’est exactement ce que nous trouvons dans la majorité des cas. Il faut une copie déconnectée, ou chez un tiers, avec un état ancien conservé — c’est ce que dit l’article sur l’infrastructure et c’est ici que la phrase se paie.
Une précision qui n’est pas technique et qui est plus utile que tout le reste de la section : personne ne doit hésiter à signaler. Un employé qui pense avoir cliqué et qui attend deux heures par crainte d’être blâmé transforme un incident contenu en incident général, et cette crainte est une décision de management plutôt qu’un problème informatique.
Nous avons le chiffre et nous ne le publierons pas
À ce point, un article comme celui-ci imprime une statistique : une part d’entreprises touchées, un coût moyen, un délai moyen de détection. Nous n’en citerons aucune, et la raison est différente de toutes celles que les autres articles de ce site ont données.
Les refus précédents portaient sur la qualité du chiffre. Il venait d’un autre pays, il était produit par celui qui vend la solution, il n’était pas daté, il mesurait la mauvaise population, ou il périmait plus vite que la page. Aucun de ces défauts ne s’applique ici.
Nous savons combien d’entreprises nous avons accompagnées après un incident de ce type, sur quelle période, et lequel des quatre récits chacune a vécu. Le chiffre est nôtre, il est daté, il est vérifiable en interne, et il serait exactement le genre de donnée locale qui manque à ce marché.
Il ne sera pas publié parce que ce marché est petit. Une entreprise qui écrit combien de clients d’un secteur donné, dans une ville donnée, sur deux ans, ont subi tel type d’incident, publie une information qui désigne des entreprises identifiables par ceux qui les connaissent. La précision qui rendrait le chiffre utile est exactement celle qui le rendrait nominatif.
C’est le seul refus de ce site qui ne protège pas le lecteur mais quelqu’un d’autre, et nous préférons l’écrire plutôt que de laisser croire que nous n’avons rien à dire. Ce que nous pouvons publier sans nommer personne est ce que fait cette page : les quatre récits, leur ordre de fréquence, et l’intervalle qui décide du coût.
Les trois habitudes qui ne coûtent rien
L’article sur la famille les cite en une ligne ; elles méritent d’être détaillées ici parce que ce sont elles qui traitent trois des quatre récits, et parce qu’aucune ne demande d’achat.
La première est un mot de passe différent par service critique, avec un moyen de les retenir. La discussion sur la complexité des mots de passe est secondaire devant celle-ci : un mot de passe compliqué réutilisé partout est plus dangereux qu’un mot de passe simple utilisé une seule fois.
La deuxième est la vérification en deux étapes sur la messagerie d’abord, puis sur les services qui contiennent de l’argent ou des données clients. La messagerie vient en premier parce qu’elle sert à réinitialiser tout le reste : celui qui la tient tient les autres comptes.
La troisième est la règle d’appel de la section 4, écrite et applicable sans exception. Elle est la seule des trois qui traite un récit que la technique ne traite pas du tout.
Il faut ajouter une quatrième chose qui n’est pas une habitude mais une décision : le compte de chaque personne qui part est fermé le jour du départ, avec la liste préparée dont parle l’article sur la famille. C’est la mesure la plus rentable de toute la sécurité informatique et elle ne s’achète pas.
Le compte administrateur au quotidien
Il existe une décision technique qui change la gravité de trois des quatre récits, elle est gratuite, et elle est refusée par presque tout le monde pour une raison de confort.
Le principe : la session avec laquelle une personne travaille tous les jours n’a pas les droits d’administration de sa machine. Installer un logiciel demande alors une confirmation avec un second mot de passe, ce qui est une gêne réelle de quelques secondes.
Ce que cette gêne achète est important : la plupart de ce qui s’exécute par erreur s’exécute avec les droits de la personne. Sans droits d’administration, un logiciel malveillant touche les fichiers de cet utilisateur ; avec, il touche la machine entière et parfois ce qu’elle peut atteindre.
La résistance vient toujours du même endroit et il faut la traiter honnêtement : les personnes qui installent souvent des choses trouvent cela pénible, et elles ont raison. La réponse n’est pas de leur donner les droits en permanence, c’est de leur donner un second compte administrateur qu’elles utilisent au moment d’installer.
Il y a un cas où nous cédons, et nous préférons l’écrire : sur une machine où un logiciel métier ancien exige des droits élevés pour fonctionner, la bataille est perdue d’avance et la bonne réponse est d’isoler cette machine, comme le décrit l’article sur le serveur, plutôt que de faire semblant.
Ce qu’il faut faire dans la première heure
Une réponse à incident dans une entreprise de vingt personnes n’a rien à voir avec ce que décrivent les documents écrits pour des organisations qui ont une équipe dédiée. Elle tient en quatre gestes et ils se préparent à l’avance.
Le premier est de déconnecter plutôt que d’éteindre. Débrancher le câble réseau ou couper le sans-fil arrête la propagation ; éteindre la machine efface ce qui aurait permis de comprendre. Cette distinction est la seule chose technique de cette section et elle vaut d’être sue.
Le deuxième est de ne pas effacer et de ne pas réinstaller tout de suite. La tentation est forte, elle vient du désir de reprendre le travail, et elle supprime la possibilité de savoir ce qui est parti — ce qui est précisément ce qu’une assurance ou un client vous demandera.
Le troisième est de changer les mots de passe depuis une autre machine, en commençant par la messagerie et par ce qui touche à l’argent. Depuis une autre machine, parce que celle qui est concernée ne peut plus servir à cela.
Le quatrième est d’écrire l’heure. L’heure du premier symptôme, l’heure du signalement, l’heure de chaque action. Cette liste vaut plus, trois jours plus tard, que tout ce dont on croit se souvenir, et personne ne la tient si elle n’a pas été décidée avant.
À qui parler, et ce qu’il faut avoir noté d’avance
La moitié du temps perdu pendant un incident se passe à chercher qui appeler et sous quel numéro de contrat. Cette liste s’écrit un mardi calme et se range là où on la trouvera sans ordinateur.
Elle contient six lignes. Votre prestataire informatique, avec un numéro qui répond hors des heures ouvrées si le contrat le prévoit. Votre banque, service professionnel, avec la procédure d’opposition. Votre opérateur, avec le numéro de ligne.
Puis votre hébergeur ou votre fournisseur de messagerie, avec le compte titulaire — car c’est lui qu’il faudra prouver. La personne de votre entreprise autorisée à décider d’une interruption, comme le demande l’article sur le support. Et votre assureur, avec le numéro de police et ce qu’il exige d’être signalé.
Cette liste est un document papier. C’est la seule recommandation de tout ce site qui insiste sur le papier, et la raison est simple : les quatre récits de cette page rendent l’accès à vos systèmes incertain au moment précis où vous avez besoin de cette liste.
Rangez-en une copie hors des locaux. C’est le même raisonnement que celui de la deuxième copie de données dans l’article sur l’infrastructure, appliqué à une feuille A4.
Ce que nous ne sommes pas qualifiés pour dire
Cette section est courte volontairement, et elle est la limite la plus importante de la page.
Un incident de sécurité peut créer des obligations : envers des personnes dont les données ont été touchées, envers un assureur, envers un client dont vous détenez des informations, ou dans le cadre de la réglementation applicable à votre activité. Ces obligations existent et elles ont des délais.
Nous ne sommes pas qualifiés pour vous dire lesquelles s’appliquent à votre cas, et nous ne le ferons pas, parce qu’une réponse approximative sur ce sujet est pire que pas de réponse du tout.
Ce que nous pouvons dire est ce qu’il faut préparer pour être en mesure d’y répondre, et c’est utile : la liste de la section 9, une trace horodatée de ce qui s’est passé, et la conservation de la machine concernée plutôt que sa réinstallation immédiate.
La démarche à faire avant tout incident, et qui prend un appel : demandez à votre assureur ce que votre contrat couvre en la matière et ce qu’il exige que vous fassiez, et posez la question de vos obligations à quelqu’un dont c’est le métier. C’est un travail d’une heure et il ne se fait jamais après.
Ce que nous faisons, et ce que nous refuserons de faire
Ce que nous refuserons : vendre un produit de sécurité à une entreprise qui n’a pas encore les trois habitudes de la section 6. Elles sont gratuites, elles traitent trois des quatre récits, et aucune facture ne les remplace.
Nous refuserons de publier nos propres chiffres d’incidents, pour la raison de la section 5, et nous refuserons de citer ceux des autres sans dire d’où ils viennent et sur quelle population ils portent.
Nous refuserons d’ajouter un second logiciel de sécurité à côté de celui du système sans avoir mesuré ce qu’il apporte, et de facturer une prestation de « sensibilisation » qui n’aboutit pas à trois règles écrites et affichées quelque part.
Ce que nous faisons : le chiffrement du disque activé à la préparation de chaque portable ; la vérification en deux étapes posée sur la messagerie avant tout le reste ; la règle d’appel écrite et affichée là où les paiements se déclenchent ; le compte quotidien sans droits d’administration, avec un second compte pour installer ; la copie de sauvegarde hors d’atteinte et restaurée devant vous ; et la liste papier de la section 9, remise en deux exemplaires.
Et ce que vous pouvez faire aujourd’hui sans nous : activez la vérification en deux étapes sur votre messagerie professionnelle. Cela prend cinq minutes, cela traite le récit dont l’intervalle est le plus long, et c’est, de tout ce que ce site a écrit sur la sécurité, la seule chose que nous vous demanderions de faire avant de refermer la page.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qui arrive le plus souvent aux petites entreprises ?
Quatre récits : un portable volé, un mot de passe réutilisé qui fuit ailleurs, un message demandant un changement de coordonnées bancaires, et des fichiers partagés chiffrés. Ce qui coûte n’est pas l’événement mais le temps mis à s’en apercevoir.
Un mot de passe de session protège-t-il un portable volé ?
Non. Il empêche d’utiliser la machine normalement, pas de sortir le disque et de le lire ailleurs. La seule protection est le chiffrement du disque, activé avant l’incident et inclus dans les systèmes que vos machines font déjà tourner.
Comment reconnaître un message frauduleux ?
Celui qui fonctionne est indiscernable : il arrive dans un fil existant, avec les bonnes références et le bon ton. Aucun outil ne le distingue. La parade est une règle : tout changement de coordonnées de paiement se confirme par un appel à un numéro que vous aviez déjà.
Que faire si des fichiers deviennent illisibles ?
Déconnecter la machine du réseau sans l’éteindre, ne rien effacer, changer les mots de passe depuis une autre machine, et noter les heures. Seule une restauration vous en sort — à condition que la copie ait été hors d’atteinte et déjà essayée.
Par quoi commencer si on ne fait qu’une chose ?
La vérification en deux étapes sur la messagerie professionnelle. Elle prend cinq minutes, elle traite le récit dont l’intervalle est le plus long, et la messagerie sert à réinitialiser tous les autres comptes.
Pourquoi ne publiez-vous pas de statistiques d’incidents ?
Parce que nos chiffres sont datés, locaux et vérifiables, et que ce marché est assez petit pour qu’une donnée précise désigne des entreprises identifiables. C’est le seul refus de ce site qui protège quelqu’un d’autre que le lecteur.
Où nous intervenons
Le nombre de portables dont le disque est réellement chiffré est souvent zéro, et personne dans l’entreprise ne le sait. C’est le chiffre à établir avant tout achat.
- Nous relevons cet état machine par machine, y compris celles qui sortent le soir.
- Nous activons le chiffrement à la préparation, pas après coup sur un poste en service.
- Nous mesurons ce qu’un second logiciel ralentirait avant d’en installer un.
Sans les trois habitudes de base en place, aucun produit de sécurité ne vous protégera : nous ne vous en vendrons pas et nous vous dirons lesquelles manquent.
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