La maison avait été une demeure de famille, puis des bureaux, puis plus rien pendant des années. Quand le chantier a commencé, la façade de pierre blanche était grise, les balcons de fer forgé rouillés, et l’oranger du patio tenait encore debout.
On a tout relevé avant de toucher à quoi que ce soit : les moulures pièce par pièce, les portes de cèdre sculpté, les carreaux de ciment, les zelliges des fontaines. Les plafonds de quatre mètres vingt sont restés, les cloisons ajoutées au fil des décennies sont tombées.
Ce qui manquait a été refait à l’identique par des artisans algériens : menuisiers, ferronniers, plâtriers, maîtres du zellige. Ce qui ne pouvait pas l’être a été laissé tel quel, avec ses marques ; on les voit encore sur une marche de l’escalier principal.
Il y a une chose que l’on n’a pas eue à refaire : la vue. Elle était là en 1912, elle est là ce soir, quand on allume la première bougie dans la salle de Chemâa.
Article signé par la maison
