Beaucoup de personnes découvrent leur hypertension par hasard, lors d’une visite pour tout autre chose. Ce n’est pas un manque d’attention de leur part : une tension trop élevée ne donne, dans la grande majorité des cas, aucun signe particulier. On se sent bien, et pourtant les artères et le cœur supportent une charge plus lourde que nécessaire. La Journée mondiale du cœur, chaque 29 septembre, est une bonne occasion de faire le point calmement, avec quelques gestes simples.
Une maladie silencieuse, d’où l’intérêt de mesurer
Maux de tête, vertiges, fatigue : on les associe volontiers à la tension, mais ils ne sont ni fiables ni constants. On peut avoir une tension élevée sans le moindre symptôme, et des maux de tête pour de tout autres raisons. La seule façon de savoir où l’on en est, c’est de mesurer.
Une mesure isolée ne suffit pas pour conclure. La tension varie au cours de la journée, selon l’effort, le stress, le café ou la simple émotion d’être chez le médecin. C’est pourquoi les médecins aiment disposer de plusieurs mesures, prises dans de bonnes conditions, sur plusieurs jours.
Bien mesurer sa tension à la maison
Un tensiomètre de bras, utilisé correctement, rend de vrais services. Quelques règles simples font la différence entre un chiffre utile et un chiffre trompeur.
- Mesurer assis, le dos appuyé, les pieds à plat au sol, les jambes non croisées.
- Se reposer cinq minutes au calme avant la première mesure, sans parler ni regarder son téléphone.
- Placer le brassard sur le bras nu, à hauteur du cœur, le bras posé sur une table.
- Éviter le café, le thé, la cigarette et l’effort dans la demi-heure qui précède.
- Prendre deux ou trois mesures à une minute d’intervalle, le matin et le soir, plusieurs jours de suite.
- Noter chaque résultat dans un carnet, avec la date, l’heure et le bras utilisé.
- Apporter ce carnet, ou l’appareil lui-même, à la consultation.
Inutile de chercher à interpréter seul chaque chiffre. C’est l’ensemble des relevés, lu par votre médecin avec votre histoire et votre examen, qui permet de savoir si la tension est normale, à surveiller ou à traiter. Un chiffre un peu haut un soir de fatigue ne dit pas grand-chose ; une série régulière en dit beaucoup.
Le sel, souvent là où on ne l’attend pas
Réduire le sel est l’un des gestes les plus efficaces pour la tension. Or, dans nos repas, une grande partie du sel ne vient pas de la salière. Le pain, présent à chaque repas, en contient davantage qu’on ne le pense. Les olives, les fromages, la charcuterie, les conserves, les cornichons et les citrons confits, les bouillons en cube et les sauces toutes prêtes en apportent aussi beaucoup.
Il ne s’agit pas de renoncer à la cuisine familiale. On peut goûter avant de saler, rincer les olives et les légumes en conserve, relever un plat avec des herbes, de l’ail, du cumin ou du citron, et réduire un peu la part de pain. En quelques semaines, le goût s’habitue à une cuisine moins salée.
Des habitudes qui aident le cœur chaque jour
La marche est une excellente alliée : une demi-heure par jour, à un rythme où l’on peut encore parler, suffit à faire une différence. Prendre les escaliers, descendre un arrêt plus tôt, marcher après le dîner, tout compte. L’arrêt du tabac reste le geste le plus bénéfique pour les artères, à tout âge, et il est plus facile lorsqu’on se fait accompagner.
Le sommeil et le stress jouent aussi leur rôle. Des nuits trop courtes, un ronflement important avec des pauses respiratoires, une tension nerveuse permanente peuvent peser sur la tension artérielle. En parler à son médecin fait partie du bilan, au même titre que l’alimentation.
Le bilan annuel et la consultation de cardiologie
Une fois par an, un contrôle simple permet de suivre trois repères : la tension artérielle, le cholestérol et la glycémie. Ces trois éléments évoluent souvent sans bruit et ensemble ; votre médecin traitant peut prescrire les examens et vous en expliquer les résultats.
Un bilan cardiologique est particulièrement utile en cas d’antécédents familiaux de maladie du cœur ou d’accident vasculaire cérébral, de diabète, d’hypertension déjà connue, ou avant de reprendre une activité sportive après plusieurs années d’arrêt, surtout après la quarantaine. À la Clinique Sakina, un bilan cardiovasculaire peut être programmé en consultation de cardiologie.
Les signes qui ne doivent pas attendre
Certains signes demandent d’appeler immédiatement les services d’urgence, sans attendre un rendez-vous et sans prendre soi-même le volant :
- une douleur ou une oppression dans la poitrine, surtout si elle s’étend au bras, à la mâchoire ou au dos ;
- un essoufflement brutal et inhabituel ;
- une faiblesse ou un engourdissement soudain d’un côté du corps ou du visage ;
- une difficulté soudaine à parler ou à comprendre.
Dans ces situations, une prise en charge rapide change beaucoup de choses. Il vaut toujours mieux appeler et être rassuré que d’attendre.
À retenir
Cet article donne des informations générales et ne remplace pas une consultation. Pour toute question sur votre tension ou votre cœur, parlez-en à votre médecin.
Information générale : elle ne remplace pas l’avis de votre médecin.



