Contenu d’illustration rédigé pour une compagnie fictive : les conseils sont généraux et ne remplacent ni votre contrat ni un professionnel.
D’où vient l’eau qui abîme un logement
L’eau fait rarement irruption d’un seul coup. Elle passe par un joint fatigué, un flexible qui a vieilli derrière la machine, une terrasse dont l’étanchéité a cédé ou une citerne qui déborde parce que son flotteur s’est bloqué. Le dommage, lui, apparaît souvent ailleurs, au plafond du voisin du dessous.
Deux habitudes bien de chez nous ajoutent au risque. Beaucoup de foyers stockent l’eau dans une citerne sur le toit ou dans une bâche au sous-sol pour traverser les coupures. Et les premières pluies d’automne tombent souvent fort, après un été qui a desséché les joints et rempli les gouttières de poussière.
Un dégât des eaux se prépare souvent en silence : quelques minutes de vérification à chaque saison valent mieux qu’un plafond à refaire.
La citerne, la terrasse et les gouttières
- Vérifiez que le flotteur coupe bien l’arrivée quand la citerne est pleine : bloqué, il fait déborder l’eau sur la terrasse, puis dans les murs.
- Contrôlez les raccords et les vannes à la sortie de la citerne ; une goutte permanente finit toujours par marquer la dalle.
- Gardez le trop-plein dégagé et orienté vers une évacuation, jamais vers le mur du voisin.
Avant les pluies d’automne, montez sur la terrasse. Dégagez les siphons et les gouttières, cherchez les fissures dans le revêtement d’étanchéité et vérifiez que l’eau s’écoule vers les descentes. Dans un immeuble, la terrasse est le plus souvent une partie commune : signalez ce que vous voyez aux gestionnaires de l’immeuble.
Salle de bains, cuisine et appareils ménagers
- Les joints autour de la baignoire, de la douche, du lavabo et de l’évier : noircis, fendus ou décollés, ils laissent passer l’eau à chaque usage.
- Les flexibles de la machine à laver et du lave-vaisselle durcissent avec le temps et peuvent éclater. Remplacez-les dès qu’ils sont craquelés ou gonflés.
- Les siphons sous l’évier et les raccords du chauffe-eau, à vérifier de temps en temps d’un coup de main.
Évitez de faire tourner une machine en votre absence ou la nuit : une fuite sans témoin peut couler des heures.
La condensation est un cas à part. Une pièce peu aérée, du linge qui sèche à l’intérieur et des murs froids en hiver produisent des moisissures qui ressemblent à une infiltration. Aérez chaque jour, même brièvement.
Le robinet d’arrêt général, et les départs en vacances
Repérez le robinet d’arrêt général dès l’emménagement, sous l’évier, près du compteur ou sur le palier, et montrez-le à tout le foyer. Manœuvrez-le deux ou trois fois par an : un robinet grippé ne sert à rien le jour où l’eau coule.
Avant de partir pour plusieurs jours, fermez l’arrivée d’eau, et celle de la citerne si vous le pouvez, puis débranchez la machine à laver. Confiez une clé à une personne de confiance et indiquez-lui où se trouve le robinet.
Fermer l’eau en partant prend une minute. C’est le geste qui évite de rentrer de vacances dans un appartement inondé.
Le jour où l’eau passe : que faire, et dans quel ordre
- Coupez l’eau au robinet d’arrêt, ou à la vanne de la citerne si la fuite vient de là.
- Coupez le courant de la pièce touchée au tableau électrique avant de toucher quoi que ce soit de mouillé.
- Photographiez et filmez l’origine de la fuite, les murs, les plafonds et les biens abîmés.
- Prévenez le voisin du dessus ou du dessous selon le sens de l’eau, et les gestionnaires de l’immeuble si une partie commune est en cause.
- Épongez, surélevez les meubles, mettez les papiers et l’électronique au sec.
- Gardez les objets endommagés et les pièces remplacées jusqu’à ce que l’assureur les ait vus ou vous autorise à vous en défaire.
- Déclarez le sinistre à votre assureur sans attendre, dans le délai que fixe votre contrat.
Quand la fuite touche deux logements, un constat écrit, daté et signé par les deux voisins, décrivant l’origine de l’eau et les dommages de chacun, facilite le règlement entre les assureurs.
Propriétaire ou locataire : qui assure quoi
De façon générale, le propriétaire assure le bâtiment : murs, sols, plafonds, canalisations encastrées et équipements fixés. Le locataire assure ses meubles, ses appareils et ses effets personnels, ainsi que sa responsabilité envers le propriétaire et les voisins si l’eau part de chez lui.
Les parties communes d’un immeuble, comme la terrasse ou les colonnes montantes, relèvent en principe de l’assurance de l’immeuble. La frontière exacte dépend du bail, du règlement de l’immeuble et de votre police : relisez-les avant d’en avoir besoin.
Ce que couvre en général la garantie dégâts des eaux
Dans une assurance habitation, cette garantie vise en général les événements soudains et accidentels :
- les fuites et les ruptures de canalisations ;
- les débordements d’appareils, de baignoires ou de citernes ;
- les infiltrations par la toiture ou la terrasse, dans les conditions du contrat ;
- les dommages causés chez le voisin, au titre de votre responsabilité.
Elle exclut en général le défaut d’entretien : un joint laissé fendu pendant des mois, une fuite lente connue et jamais réparée, une terrasse négligée, les moisissures dues à la seule condensation. Une franchise peut rester à votre charge. C’est votre police, et non cet article, qui dit ce qui est garanti et dans quel délai déclarer.




