Coulisses
Seize looks, seize lieux, quatre jours de lumière
Comment s’est fait le lookbook de la saison : un plan de lumière plutôt qu’un plan de lieux, un défroisseur dans un sac de sport, et une règle — que chaque pièce photographiée soit celle qu’on vend.
Publié le 20 août 2026 — 2 min de lecture

Un lookbook se prépare comme un voyage : on part avec une liste, on revient avec autre chose. La liste, cette saison, c’était seize tenues complètes, quatre mannequins — Yasmine, Nesrine, Dounia et Rayan, tous personnages fictifs — et une ville qu’on croit connaître par cœur. Ce qu’on a rapporté, c’est une façon de regarder Alger à des heures où on ne la regarde jamais.
Un plan de lumière, pas un plan de lieux
Nous n’avons pas choisi les lieux d’abord. Nous avons choisi les lumières : le matin bleu du front de mer, le soleil dur de deux heures dans les ruelles de la Casbah, l’or de dix-huit heures sur les façades blanches, l’heure bleue devant la Grande Poste. Chaque tenue est allée à la lumière qui la servait. Le lin clair de la robe chemise est allé au matin, parce qu’il y devient presque transparent sans l’être : Robe chemise Kettani. La chemise blanche, au soleil de midi, qui dessine chaque pli : Chemise Arcades.
Le karakou grenat, lui, a attendu le soir, dans une cour fermée où la lumière tombe d’en haut et fait briller la fetla sans l’aplatir : Karakou court en velours, broderie fetla. Le costume de laine froide de Rayan est allé à l’heure bleue, quand le ciel et le tissu ont la même couleur : Veste de costume en laine froide.
Le sac de sport
Toute l’équipe tenait dans deux voitures. Le matériel le plus précieux n’était pas l’appareil : c’était un sac de sport contenant un défroisseur, une rallonge, des épingles, du ruban adhésif double face, des semelles de rechange et un drap blanc pour se changer dans une cage d’escalier. Un lin froissé dans le coffre ne se remet pas tout seul.
La règle : ce qu’on photographie, on le vend
Aucune pièce du lookbook n’a été retouchée pour paraître plus ajustée qu’elle ne l’est. Les tailles portées sont écrites sur chaque fiche produit, avec la taille et les mesures du mannequin. Quand une robe tombe différemment sur Dounia et sur Yasmine, nous le disons, et le conseiller de taille s’en sert. Les points chauds posés sur chaque photo du lookbook renvoient à la pièce exacte, dans la couleur exacte.
C’est ce qui a dicté le choix de la robe longue à manches bouffantes de Nesrine, photographiée en marchant pour que l’on voie comment le satin mat bouge : Robe longue à manches bouffantes. Et de la robe blouza de Dounia, prise de dos autant que de face, parce que le dos fait la moitié de la robe : Robe blouza en crêpe et dentelle.
Ce qu’on n’a pas gardé
Sur près de deux mille images, seize sont devenues des doubles pages. On a écarté les plus spectaculaires quand elles cachaient le vêtement, et gardé les plus simples quand elles le montraient. Un lookbook n’est pas un album de vacances : c’est un catalogue qui a le droit d’être beau.
Les pièces de cet article


Robe chemise Kettani
16 900 DA


Chemise Arcades
8 900 DA


Karakou court en velours, broderie fetla
72 000 DA


Veste de costume en laine froide
28 900 DA


Robe longue à manches bouffantes
14 900 DA


Robe blouza en crêpe et dentelle
24 900 DA