La faïence est le revêtement le plus posé d’une maison algérienne : dans la cuisine derrière le plan de travail, dans la salle de bain du sol au plafond, parfois dans l’entrée. C’est aussi le chantier par lequel beaucoup de bricoleurs commencent, parce qu’un mur pardonne plus qu’un sol : on ne marche pas dessus.
Ce qui distingue une faïence bien posée d’une faïence ratée se joue avant le premier carreau, au tracé. Un mur où les coupes tombent en fines lamelles dans un angle visible, ou où les joints dérivent d’un centimètre en arrivant au plafond, se voit tous les jours pendant vingt ans.
Préparer le mur
Le support doit être sain, sec, propre et plan : un enduit qui sonne creux se pique, un trou se rebouche, une ancienne peinture brillante se ponce ou reçoit un primaire. Sur un mur de salle de bain, l’étanchéité sous carrelage autour de la douche se pose avant la faïence, jamais après.
Vérifiez l’aplomb avec un niveau long ou un laser croix : un mur qui penche de 5 mm sur sa hauteur se rattrape dans l’épaisseur de la colle, un mur qui penche davantage se dresse à l’enduit avant la pose.
Le tracé : la moitié du travail
Faites un calepinage à sec : posez une rangée de carreaux au sol avec leurs croisillons le long du mur, pour voir où tombent les coupes. Décalez la rangée pour obtenir des coupes égales aux deux extrémités, et jamais moins d’un demi-carreau dans un angle visible.
On ne commence pas au ras du sol, qui n’est presque jamais de niveau. On fixe une règle parfaitement horizontale à la hauteur du deuxième rang, on pose tout ce qui est au-dessus, puis on revient poser le premier rang en coupe, à la fin, quand la colle a pris.
La colle et le peigne
Pour une faïence de 25 × 40 ou de 30 × 60 sur un mur intérieur, un mortier-colle C1 convient. On l’étale sur un mètre carré à la fois, d’abord à plat puis peigné à 45°, avec un peigne de 6 mm pour les petits formats et de 8 à 10 mm pour le 30 × 60. On presse chaque carreau en le faisant glisser légèrement, puis on le tapote au maillet en caoutchouc.
Soulevez un carreau de temps en temps : son dos doit être couvert de colle sur toute sa surface. Si les sillons n’ont pas été écrasés, la colle a déjà commencé à sécher en surface ; retirez-la et étalez-en de la fraîche.
Les coupes et les finitions
Les coupes droites se font au coupe-carreau manuel, les découpes autour d’une prise ou d’un tuyau à la meuleuse avec un disque diamant ou à la scie cloche. Les angles sortants se finissent avec un profilé d’angle en aluminium ou en PVC, posé en même temps que les carreaux.
Les angles rentrants, la jonction avec le receveur, la baignoire ou le plan de travail ne se jointoient pas au ciment mais au silicone sanitaire : ce sont des joints qui bougent, et un joint ciment y fissure en quelques semaines.
Étape par étape
Durée indicative : deux jours
Contrôler et préparer le support
Vérifier l’aplomb et la planéité, reboucher, poncer ou primer, et poser l’étanchéité dans les zones de douche.
Faire le calepinage
Présenter une rangée à sec avec les croisillons pour répartir les coupes de façon égale aux deux extrémités du mur.
Fixer la règle de départ
Visser une règle de niveau à la hauteur du deuxième rang, qui portera les carreaux pendant la prise de la colle.
Encoller et poser
Étaler la colle sur un mètre carré, la peigner, poser les carreaux en les pressant, croisillons de 2 mm, et contrôler régulièrement le niveau.
Poser le premier rang
Le lendemain, retirer la règle et poser le rang du bas en carreaux recoupés à la mesure du sol.
Jointoyer et nettoyer
Après vingt-quatre heures, garnir les joints en diagonale à la raclette, nettoyer à l’éponge humide, puis faire les joints silicone dans les angles rentrants.


