Une toiture-terrasse protège tout ce qui est en dessous, et elle travaille plus que n’importe quelle autre partie de la maison : cinquante degrés sur la dalle un après-midi d’août, la pluie froide de décembre, la poussière de sable entre les deux. Une étanchéité bitumineuse bien posée tient quinze à vingt ans ; elle prévient rarement avant de lâcher.
Le bon moment pour la refaire est la fin du printemps : le support est sec, les journées sont longues et la membrane se soude bien sans que la chaleur de juillet ne la ramollisse sous les pieds. Ce guide décrit la méthode en deux couches, celle que pose Qarmoud Atelier, et les points où une fuite naît presque toujours.
Les signes qu’il est temps
Au plafond du dernier étage : des auréoles jaunes, une peinture qui cloque, une odeur d’humidité après la pluie. Sur la terrasse : des flaques qui restent plus de deux jours, une membrane qui se décolle le long des acrotères, des fissures dans la protection, des herbes qui poussent dans les joints.
Une fuite au plafond n’est pas forcément juste au-dessus. L’eau entre par un relevé ou une évacuation, voyage sous l’ancienne membrane et ressort au point le plus bas. C’est pour cela qu’on ne répare pas une étanchéité par rustines : on reprend tout le système, ou au moins une zone complète délimitée par des joints.
Les pentes et les évacuations
Une terrasse doit évacuer l’eau, pas la retenir. Comptez une pente de 1,5 à 2 % vers les évacuations, soit 1,5 à 2 cm par mètre. Si l’ancienne forme de pente s’est affaissée, elle est reprise au mortier avant l’étanchéité ; c’est le moment de déboucher et de remplacer les crapaudines des descentes d’eau.
Combien de rouleaux ?
Un rouleau de membrane couvre 10 m² sur le papier. Avec les recouvrements de 10 cm sur les longueurs et de 15 cm en about, il en couvre réellement un peu moins de 9. Pour une terrasse de 80 m² en bicouche, il faut donc environ 19 rouleaux pour la surface, plus le paxalu des relevés : le périmètre multiplié par la hauteur du relevé, avec la même marge. Le calculateur d’étanchéité fait ce compte pour vos dimensions, primaire compris (environ 0,3 litre par m²).
Ce qu’il ne faut pas faire
Ne pas souder sur un support humide : l’eau piégée se transforme en vapeur au premier soleil et fait gonfler la membrane. Ne pas oublier les relevés : la membrane posée à plat sans remonter sur l’acrotère laisse entrer l’eau par le premier angle. Ne pas percer l’étanchéité après coup pour fixer une antenne ou une bâche : chaque trou est une fuite programmée.
Et ne pas laisser une membrane nue au soleil : sa face supérieure doit être protégée, par un autoprotégé ardoisé, une peinture réflective ou un carrelage collé, sans quoi les ultraviolets la dessèchent en quelques étés.
Étape par étape
Durée indicative : trois jours
Déposer et nettoyer
Retirer l’ancienne protection et les parties de membrane décollées jusqu’à un support sain, balayer, brosser les mousses et laisser sécher au moins deux jours de beau temps.
Reprendre le support
Ouvrir et reboucher les fissures, reprendre les pentes au mortier vers les évacuations, arrondir les angles entre la dalle et les acrotères avec une gorge au mortier pour que la membrane ne se casse pas.
Appliquer le primaire
Passer l’enduit d’imprégnation à froid au rouleau sur toute la surface et sur les relevés, environ 0,3 litre par m², et attendre qu’il ne colle plus au doigt.
Poser la première couche
Dérouler la membrane de 3 mm à sec pour l’aligner, la réenrouler puis la souder à la flamme en partant du point bas, recouvrements de 10 cm en longueur et 15 cm en about.
Poser la seconde couche
Souder la membrane de 4 mm en croisant ou en décalant les joints d’un demi-lé par rapport à la première couche, pour qu’aucun recouvrement ne se superpose.
Traiter les relevés
Remonter le paxalu sur les acrotères sur au moins 15 cm au-dessus de la future protection, souder, puis fixer la bande de solin aluminium en tête et la jointoyer au mastic bitumineux.
Tester puis protéger
Boucher les évacuations et mettre deux à trois centimètres d’eau pendant vingt-quatre heures en surveillant le plafond. Si rien ne passe, poser la protection : carrelage collé, dalles sur plots ou peinture réflective.



