La vallée du M’zab, à environ six cents kilomètres au sud d’Alger, abrite cinq ksour fondés à partir du XIe siècle : El Atteuf, Bounoura, Melika, Ghardaïa et Beni Isguen. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982, elle est souvent citée comme un exemple d’urbanisme accordé à son milieu. Ceux qui la découvrent y voient d’abord une harmonie de formes et de couleurs, avant d’en comprendre la logique.
Chaque ksar suit un plan comparable. La mosquée occupe le sommet de la colline, son minaret servant à la fois de repère et de poste de guet, et les maisons descendent en cercles jusqu’au pied, où se trouvent le marché et les remparts. Cette organisation traduit une société où la vie religieuse, la vie domestique et le commerce ont chacun leur place.
Les maisons obéissent à des principes de sobriété et d’égalité. Les façades sont simples, de hauteurs voisines, et aucune ne cherche à dominer les autres. L’intérieur s’organise autour d’un patio ouvert qui apporte la lumière et l’air, et les terrasses servent d’espace de vie le soir et de lieu de sommeil l’été.
L’architecture répond au climat avec une grande précision. Les murs épais en pierre et en plâtre local amortissent les écarts de température, les ruelles étroites et couvertes par endroits conservent l’ombre, et les ouvertures sur la rue restent petites. De nombreux architectes du XXe siècle ont vu dans ces formes une source d’inspiration pour une construction moderne et économe.
L’eau est l’autre clé de la vallée. Les oueds ne coulent que quelques jours par an, et un réseau de barrages, de canaux et de puits répartit les crues entre les palmeraies selon des règles anciennes et précises. Les palmeraies accueillaient aussi autrefois les résidences d’été, plus fraîches que les ksour.
La visite de certains ksour, en particulier Beni Isguen, se fait avec un guide local et selon des règles que les habitants tiennent à préserver. On y porte une tenue couvrante, on évite de photographier les personnes, et l’on respecte les horaires d’accueil des visiteurs. Ces règles, qui peuvent évoluer, font partie de ce que la vallée a à enseigner.
Le marché de Ghardaïa, sur sa place à arcades, reste un lieu d’échange animé, où l’on trouve des tapis tissés dans la région, des cuivres et des produits de la palmeraie. Au printemps et en automne, quand la chaleur est supportable, deux ou trois jours suffisent pour visiter les cinq ksour sans hâte.
Nos séjours dans le M’zab associent des visites guidées, une nuit dans une maison traditionnelle restaurée et du temps libre au marché. Nous pouvons aussi relier la vallée à Timimoun ou à El Menia pour un circuit plus long dans le Sud.
Les règles de visa, de santé et d’entrée changent sans préavis : vérifiez-les auprès du consulat ou du portail officiel avant de partir.



