Au hammam, on ne commence jamais par frotter. La première salle, la plus tiède, sert à laisser le corps s’habituer à la chaleur. On s’y assoit, on boit un peu d’eau, on attend que la peau s’ouvre. Dix minutes suffisent, mais elles ne se sautent pas.
Le hammam traditionnel compte en général trois salles, de la plus tiède à la plus chaude, et on les traverse dans cet ordre. Chez nous, la salle chaude, le bayt skhoun, reste autour de quarante-cinq degrés, avec une vapeur dense renouvelée tout au long de la journée. Ce n’est pas une épreuve d’endurance : si la chaleur devient inconfortable, on revient s’asseoir dans la salle tiède, et l’on reprend quand le corps est prêt.
Le savon, puis la kessa
Dans la salle chaude, le savon beldi s’étale sur tout le corps et repose cinq à dix minutes. Il ne mousse pas : il ramollit les peaux mortes. On rince ensuite à la tassa, à l’eau tiède, et c’est seulement là que vient le gant de kessa, par longs gestes fermes.
C’est l’ordre qui fait la différence. Un gommage sur une peau qui n’a pas chauffé irrite au lieu de lisser. Une peau bien préparée, elle, laisse partir ses cellules mortes presque d’elle-même, et la séance reste douce même pour les peaux sensibles.
Le ghassoul et le repos
Vient ensuite le ghassoul, cette argile lavante que l’on délaie à l’eau de rose ou de fleur d’oranger. Il se pose sur le corps et dans les cheveux, puis se rince sans dessécher. Un dernier rinçage plus frais referme les pores avant de sortir.
Le repos fait partie du soin. Enveloppée dans une fouta, on s’allonge au calme avec un thé à la menthe et quelques dattes, le temps que le corps redescende en température. Si vous êtes enceinte, si vous avez de la tension ou un souci cardiaque, prévenez-nous avant : la chaleur se règle, et certaines étapes se remplacent.




